Italie : une experte appelle à mieux lutter contre la violence faite aux femmes

Rashida Manjoo, Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

30 janvier 2012 – A la fin d'une visite de 12 jours en Italie, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les violences faites aux femmes, Rashida Manjoo, a souligné que malgré des efforts pour combattre la violence contre les femmes dans ce pays, le phénomène restait courant et qu'il fallait s'attaquer aux causes structurelles de l'inégalité et de la discrimination.

La situation économique et politique en Italie ne justifie en aucun cas un manque d'attention et une diminution des ressources allouées pour combattre la violence contre les femmes, particulièrement dans le contexte actuel où le nombre d'incidents de violences fondées sur le genre connaît une augmentation.

« J'appelle toutes les parties prenantes à prendre leurs responsabilités à ce moment crucial pour promouvoir le respect des droits de l'homme pour tous, et ce qui est le plus important, pour maintenir le problème de la violence contre les femmes à l'ordre du jour politique national », a dit Mme Manjoo.

Lors de sa visite en Italie du 15 au 26 janvier, Mme Manjoo a rencontré des femmes en détention et des victimes de violences. Elle a visité des centres pour femmes victimes de violences à Rome, à Milan, à Bologne et à Naples ainsi qu'un centre de détention pour des immigrés en situation irrégulière. Elle a rencontré des représentants du gouvernement et de la société civile.

« Ma visite s'est concentrée sur la violence faite aux femmes dans quatre sphères dont le domicile, la communauté, la violence faite ou approuvée par l'Etat et la violence transnationale », a expliqué Mme Manjoo.

« La plupart des manifestations de violence ne sont pas signalées à cause des conventions d'une société patriarcale et orientée vers la famille où la violence domestique n'est pas toujours considérée comme un crime. Il y a aussi la dépendance économique et la perception que le fait de porter plainte ne sert à rien », a souligné la Rapporteuse spéciale.

« Un cadre légal fragmenté, des enquêtes mal faites, des sanctions contre les auteurs et des compensations aux victimes inadéquates contribuent au silence des victimes qui deviennent invisibles », a-t-elle poursuivi.

Mme Manjoo a appelé à une solution globale pour prendre en compte les besoins individuels des femmes ainsi que les entraves sociales, économiques et culturelles sous-jacentes à la violence.


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