Conférence sur le désarmement : la session 2012 ouvre sur fond de blocage

Le Secrétaire général Ban Ki-moon.

24 janvier 2012 – En ouverture mardi à Genève de la réunion annuelle de la Conférence du désarmement, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déploré que cet organe chargé des négociations multilatérales sur le désarmement et la non-prolifération ne remplisse plus les attentes.

« Non seulement les membres de la Conférence sont en désaccord sur ses priorités, mais la règle du consensus, qui a si bien fonctionné dans le passé, est actuellement utilisée comme un pouvoir de veto de fait pour bloquer toutes tentatives de sortir de l'impasse », a déclaré Ban Ki-moon dans un message lu par le Directeur général du bureau de l'ONU à Genève, Kassym-Jomart Tokayev.

Le Secrétaire général a rappelé que certains Etats souhaitent des négociations sur le désarmement nucléaire, d'autres veulent interdire la production de matières fissiles utilisées dans les armes atomiques. D'autres encore souhaitent un traité qui protège les Etats qui n'ont pas l'arme atomique de ceux qui l'ont et certains veulent éviter une course à l'armement dans l'espace.

Selon Ban Ki-moon, alors qu'une large majorité des membres est prête à entamer des négociations sur un traité concernant les matériaux fissiles, certains s'empressent de demander des 'conditions préalables', même s'il est clair que les intérêts des pays sont le mieux défendus lors des négociations et du processus de ratification national.

« L'avenir de la Conférence est entre les mains des Etats membres. Mais je ne peux pas attendre de manière passive qu'elle perde toute pertinence, tandis que les Etats cherchent d'autres forums de négociations », a ajouté le Secrétaire général.

« En 2012, l'avenir de la Conférence fera l'objet d'une attention particulière. Les lamentations sur les règles de procédure ou sur le 'manque de volonté politique' ne suffiront plus à expliquer l'absence de progrès. L'Assemblé générale s'est saisie de la question et si la Conférence reste bloquée, elle est prête à considérer les options pour faire avancer le dossier du désarmement », a mis en garde Ban Ki-moon.

Le Président de la Conférence et Ambassadeur d'Equateur, Luis Gallegos Chiriboga, a de son côté indiqué que le blocage n'était pas une simple question de procédure, mais qu'elle serait due à des réalités géopolitiques, des questions de sécurité et d'équilibres régionaux à prendre au sérieux.


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