Soudan du Sud : l'ONU envoie de l'aide après des violences entre ethnies

Des civils déplacés à Pibor, au Soudan du Sud.

5 janvier 2012 – Alors que l'Etat de Jonglei au Soudan du Sud a connu la semaine dernière de violents affrontements entre les ethnies Lou Nuer et Murle, plus de 400 Casques bleus supplémentaires ont été déployés afin d'assurer la sécurité et organiser le retour d'environ 50.000 déplacés qui ont fui les violences.

« La situation aujourd'hui à Pibor est plutôt calme, les Lou Nuer ont quitté le village de Pibor en direction de leurs habitations depuis deux jours, nous contrôlons ce mouvement de population. Nous pouvons confirmer qu'il n'y a aucune présence des éléments qui avaient initié les attaques contre les civils », a déclaré le porte-parole de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), Kouider Zerrouk, dans un entretien accordé jeudi à la Radio de l'ONU.

« Nous sommes présents à Pibor et ses alentours. Il y a plus de 400 Casques bleus qui apportent une aide substantielle aux éléments de l'armée et à la police sud-soudanaises afin de permettre aux civils de retourner dans leurs maisons et retrouver leur vie initiale mais également pour ceux qui se trouvent toujours à l'extérieur de la ville, leur permettre de revenir sains et saufs », a-t-il ajouté.

Il a indiqué que la Mission se coordonne avec les institutions du gouvernement sud-soudanais et les agences humanitaires, notamment le Programme alimentaire (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), afin de fournir les besoins humanitaires de base aux populations déplacées.

« Il y a beaucoup de civils en dehors de Pibor, nous ne savons pas vraiment où ils sont localisés. On estime qu'il y a environ 50.000 déplacés qui ont fui. Il va falloir organiser ce retour et fournir les besoins de base en terme de santé et d'alimentation », a souligné M. Kouider.

Dans un communiqué, le PAM a exprimé jeudi son inquiétude sur la situation alimentaire des civils revenus à Pibor et ceux qui ont fui aux alentours de la ville. Grâce au Services aériens d'aide humanitaire des Nations Unies (UNHAS), l'agence a pu acheminer des rations alimentaires pour environ 1.000 personnes pendant deux semaines.

« Atteindre les groupes d'enfants vulnérables est une étape importante », a estimé la Coordonnatrice humanitaire de l'ONU, Lise Grande. « Mais ce n'est qu'un début. Une opération d'urgence dans les deux prochaines semaines est nécessaire pour aider les populations déracinées par les violences », a-t-elle ajouté.

L'Etat du Jonglei est le théâtre d'une série d'attaques et de contre-attaques entre les ethnies Lou Nuer et Murle, qui s'affrontent depuis longtemps sur des questions de pâturages, d'accès à l'eau et de bétail.

« Le Conseil de sécurité a pris la mesure de ce qui se passe qui est une crise très sérieuse révélant des tensions ethniques », a déclaré jeudi le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, à la suite de consultations à huis clos.

« Le principal problème que nous avions dans cette région est l'accès parce qu'il n'y a pas de routes et le nombre d'hélicoptères sont insuffisants. C'est pourquoi nous avons renforcé nos forces et le gouvernement sud-soudanais a fait de même », a-t-il ajouté.

Il a souligné que les Casques bleus avec les forces de sécurité sud-soudanaises ont permis de contrecarrer une attaque frontale par un groupe de Lou Nuer. Pour le Secrétaire général adjoint, la présence d'armes en grande quantité dans la région et le partage des ressources constituent les principaux problèmes que la Mission des Nations Unies et les autorités sud-soudanaises s'attachent à régler.


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