Le financement climatique ne doit pas aggraver les dettes des pays en développement - expert

Cephas Lumina.

8 décembre 2011 – L'Expert indépendant des Nations Unies sur la dette extérieure et les droits de l'homme, Cephas Lumina, a estimé jeudi qu'il ne fallait pas que les fonds reçus à travers le fonds climatique vert aggravent les dettes des pays en développement. Il a notamment appelé les institutions bancaires à ne pas exercer une trop grande influence sur le fonds.

« Le financement climatique devrait être apporté en tant que subventions et non sous forme d'emprunts qui s'ajouteront aux dettes existantes des pays qui les reçoivent, et dont un grand nombre n'ont pas la capacité de rembourser davantage sans saper leurs perspectives de développement déjà fragiles », a déclaré M. Lumina lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Durban, en Afrique du Sud.

Le fonds climatique vert a été créé lors du sommet de l'année dernière à Cancun au Mexique afin d'aider les pays en développement à se protéger contre les effets des changements climatiques. Cependant, le fonds n'a pas encore été activé.

M. Lumina a appelé la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à s'assurer que le fonds adopte une approche qui promeut une participation de toutes les parties prenantes, y compris les communautés, les agriculteurs, les travailleurs, les femmes et autres groupes marginalisés.

L'Expert indépendant a aussi souligné que les décisions financières du fonds ne devraient pas être soumises de façon disproportionnée au Cadre durable des dettes (CDD) de la Banque mondiale et du Fond monétaire international (FMI) à cause du rôle historique de ces deux entités multilatérales.

« La Banque mondiale ne devrait pas avoir un rôle central dans ce nouveau mécanisme de financement climatique. Ses problèmes de projets échoués, son histoire d'encouragements forcés des pays en développement à adopter des politiques économiques ayant des effets sociaux néfastes, son histoire de soutien financier à des projets nuisibles à l'environnement et qui ont même contribué aux changements climatiques, montrent que la banque n'est pas une institution légitime pour gérer et apporter un financement climatique », a dit M. Lumina.

« Le financement climatique n'est pas une question de charité, mais devrait être vu comme une obligation légale dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques et relever de la responsabilité de ceux qui ont le plus contribué aux changements climatiques », a-t-il ajouté.


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