L'ONU rappelle l'importance de financer le développement

Le Président de l’Assemblée générale, Nassir Abdulaziz Al-Nasser.

7 décembre 2011 – Lors d'une réunion de haut niveau sur le financement du développement mercredi à New York, le Président de l'Assemblée générale de l'ONU, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, a constaté que la crise de la dette souveraine en Europe, celle de l'emploi dans les pays en développement, les faiblesses du secteur économique ainsi que la volatilité des prix de la nourriture et de l'énergie comptaient parmi les défis les plus importants que devait affronter l'économie mondiale.

« Les différends politiques et les appels à l'austérité fiscale entravent l'adoption d'une réponse effective et coordonnée à ces problèmes. Un redressement économique ferme et durable est nécessaire pour permettre aux pays en développement de mobiliser de manière effective les ressources internes pour le développement. Mais, pour ce faire, il faut un niveau considérable d'aide extérieure », a déclaré M. Al-Nasser, dans un discours lu par le Vice Président de l'Assemblée générale, Gary Francis Quinlan.

Les investissements étrangers directs (IED) risquant d'être affectés par un ralentissement économique mondial, M. Al-Nasser a encouragé les flux d'investissement Sud-Sud et a appelé la communauté internationale à fournir aux pays les moins avancés (PMA) un accès aux marchés en franchise de droits et sans quota et à augmenter les ressources du Programme « Aide pour le commerce ».

« Il est impératif que les pays développés honorent tous les engagements pris en matière d'aide publique au développement (APD). En 2010, l'APD a atteint le niveau record de 128,7 milliards de dollars, soit 0,32% du PIB combiné des membres du Comité d'aide au développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) », a dit le Président de l'Assemblée générale.

M. Al-Nasser a également appelé au renforcement de la coordination des politiques macroéconomiques et à une meilleure coordination entre le G-20, l'ONU et les autres organisations multilatérales. « Il est essentiel de réformer les principales institutions internationales de gouvernance économique afin d'y assurer une plus grande participation des pays en développement », a-t-il rappelé.

La Vice Secrétaire générale de l'ONU, Asha-Rose Migiro, a relevé que cette réunion de haut niveau intervenait à un moment crucial alors que sévit une crise économique et financière internationale particulièrement inquiétante. Les pays en développement ont besoin d'aide alors que les donateurs « se serrent la ceinture ». Mme Migiro a rappelé le message du Secrétaire général, le mois dernier à la Conférence de Busan sur l'efficacité de l'aide. Ban Ki-moon avait notamment invité les donateurs à respecter leurs engagements en matière d'APD et à trouver des sources innovantes de financement.

« L'élimination de la pauvreté doit être l'objectif premier de tous les programmes de développement. La conclusion du Cycle de Doha est cruciale pour les pays en développement qui font face à de nombreux obstacles tarifaires. Ces pays ont opéré des transitions vers l'économie de marché et se retrouvent aujourd'hui piégés par des obstacles tels que les barrières douanières », a insisté la Vice Secrétaire générale.

Mme Migiro a aussi plaidé pour l'allègement d'une dette qui plombe le développement de nombreux pays. La réforme des institutions de Bretton Woods est importante pour plus d'équité dans les relations internationales. Elle a relevé que la Conférence des Nations Unies sur le développement durable de Rio en 2012 (Rio+20) permettra de réfléchir à ces questions.

Le Président du Conseil économique et social (ECOSOC), Lazarous Kapambwe, a de son côté jugé qu'il était impératif que les pays développés garantissent des flux suffisants et prévisibles de ressources vers les pays en développement. La réalisation d'une croissance à long terme des PMA est un défi important, tout comme l'apport d'une réponse aux besoins des pays à revenu intermédiaire.

M. Kapambwe a encouragé les États Membres à assurer une issue « tournée vers l'action » des négociations de Doha, à supprimer les subventions agricoles et à renforcer davantage le Programme « Aide pour le commerce » de manière à éviter tout « protectionnisme vert ». « Les PMA doivent également avoir un accès aux marchés en franchise de droits et sans quota », a-t-il dit.

« L'amélioration de la réglementation financière, le règlement des problèmes liés à la dette souveraine dans les économies avancées et la gestion de la volatilité des flux de capitaux à court terme comptent parmi les questions les plus pressantes », a indiqué le Président de l'ECOSOC.


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