L'ONU appelle les pays développés à se concentrer sur la création d'emplois

La vile de Incheon en République de Corée. Photo: ONU

1 décembre 2011 – Dans son nouveau rapport sur la situation et les perspectives économiques dans le monde en 2012 publié jeudi, l'ONU appelle les pays développés à ne pas céder aux politiques d'austérité et à davantage se coordonner pour relancer l'économie mondiale en se concentrant sur la création d'emplois.

Elaboré par les experts du Département des affaires économiques et sociales (DESA) de l'ONU, le rapport exhorte « les gouvernements des pays développés à ne pas s'embarquer prématurément dans la mise en œuvre de politiques fiscales d'austérité étant donné le rétablissement encore fragile de certains pays et les niveaux élevés de chômage ».

« De nouvelles mesures de relance auraient besoin d'être accompagnées d'une réforme du secteur financier, d'une augmentation des ressources destinées aux filets de protection sociale, spécialement en Europe, et de mesures destinées à prévenir une seconde crise du crédit hypothécaire dans les pays ayant un risque élevé de saisies de logements », écrivent les auteurs du rapport.

Les Nations Unies recommandent également une plus « grande coordination dans la mise en œuvre de mesures de relance supplémentaires et de recentrer les politiques à moyen terme sur l'incitation à la création d'emplois ainsi que sur les investissements dans les infrastructures, l'énergie durable, la sécurité alimentaire et sur les réformes structurelles ».

Les prévisions économiques pour l'année 2012 sont moroses avec une baisse du produit mondial brut atteignant 2,6% pour 2012 et 3,2% pour 2013, en baisse par rapport aux 4,0% de 2010. Le taux de chômage mondial a atteint une moyenne de 8,3% dans les pays développés en 2011, toujours bien au-dessus du niveau d'avant-crise de 5,8% enregistré en 2007.

« L'incapacité des décideurs politiques, spécialement en Europe et aux Etats-Unis, à régler la crise de l'emploi et empêcher la crise des dettes souveraines et la fragilité du secteur financier, pose un risque grave pour l'économie mondiale dans la perspective 2012-2013 », souligne le rapport.

« Les économies développées sont au bord d'une spirale de baisse qui sont entretenues par quatre faiblesses qui se renforcent mutuellement : la crise des dettes souveraines, la fragilité du secteur bancaire, la faiblesse de la demande mondiale et la paralysie politique causée par le blocage politique et les lacunes institutionnelles. Toutes ces faiblesses sont déjà présentes mais une aggravation de l'une d'entre elles pourrait créer un cercle vicieux menant à de graves turbulences financières et à un ralentissement économique », concluent les auteurs du rapport.

Selon le document, l'Europe a subi un ralentissement considérable tandis que la crise de l'emploi s'est aggravée aux Etats-Unis au cours de l'année 2011. Le rétablissement de la santé économique de ces deux zones dépend pour l'une de la gestion de la crise de la dette et pour l'autre du contrôle d'une seconde crise du crédit hypothécaire.

En 2012, le rapport prévoit que les économies chinoise et indienne resteront robustes alors que le Mexique et le Brésil risquent de ressentir davantage les effets de la récession mondiale. Il ajoute que les pays les moins avancés subiront un léger ralentissement économique.


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