Le rythme de déforestation s'accélère dans le monde, selon la FAO

Déforestation en Indonésie.

30 novembre 2011 – La perte nette de forêts dans le monde s'est accélérée, passant de 4,1 millions d'hectares par an entre 1990 et 2000 à 6,4 millions entre 2000 et 2005, selon une nouvelle enquête de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) basée sur l'imagerie satellitaire.

« La déforestation prive des millions de personnes de biens et services forestiers cruciaux pour la sécurité alimentaire, le bien-être économique et la santé de l'environnement », a déclaré le Sous-Directeur général de la FAO responsable du Département des forêts, Eduardo Rojas-Briales.

« Les nouveaux chiffres obtenus grâce aux images satellitaires nous offrent une approche plus cohérente de l'évolution globale, au fil du temps, des forêts de la planète. En plus du large éventail d'informations fournies par les rapports des pays, ils offrent aux décideurs à tous les niveaux des informations plus précises, et soulignent la nécessité pour les pays et les organisations de traiter d'urgence le problème et de stopper la perte d'écosystèmes forestiers précieux », a-t-il ajouté.

La superficie totale des forêts du monde totalisait 3,69 milliards d'hectares en 2005, soit 30% de la superficie mondiale.

Selon l'enquête, la perte nette - dans laquelle les pertes de couvert forestier sont partiellement compensées par le reboisement ou l'expansion naturelle - a totalisé 72,9 millions d'hectares. En d'autres termes, la planète a perdu en moyenne 4,9 millions d'hectares de forêt par an, soit près de 10 hectares de forêt par minute au cours de la période de 15 ans.

Les nouvelles données montrent également que la perte nette de forêts s'est accélérée, passant de 4,1 millions d'hectares par an entre 1990 et 2000 à 6,4 millions entre 2000 et 2005.

Les chiffres sont basés sur l'utilisation la plus complète à ce jour des données satellitaires à haute résolution. Ils diffèrent des résultats de « L'évaluation des ressources forestières mondiales » effectuée par la FAO en 2010. Ceux-ci étaient basés sur une compilation de rapports de pays qui avaient utilisé une grande variété de sources.

« En matière de changements de superficie forestière, les nouveaux résultats mettent à jour nos connaissances pour l'Afrique, où les données précédentes pour certains pays étaient obsolètes ou faibles. Ici, l'enquête par télédétection montre un taux beaucoup plus faible de perte de forêts que précédemment estimé sur la base des rapports nationaux », a indiqué Adam Gerrand, fonctionnaire au Département des forêts de la FAO.

On note des différences régionales notables dans les pertes et les gains de superficies boisées. Entre 1990 et 2005, les pertes de forêts étaient plus élevées dans les régions tropicales, où se trouvent un peu moins de la moitié des forêts du monde.

Les pertes nettes dans ces régions étaient en moyenne de 6,9 millions d'hectares par an entre 1990 et 2005. Le taux le plus élevé de conversion de l'utilisation des terres forestières à d'autres utilisations non précisées, pour la même période, a été enregistré en Amérique du Sud, suivie par l'Afrique.

L'Asie fut la seule région à afficher des gains nets dans l'utilisation des terres forestières entre 1990 et 2005. La déforestation s'est produite dans toutes les régions, notamment en Asie, mais les plantations extensives qui ont été signalées par plusieurs pays d'Asie (principalement la Chine) ont dépassé le chiffre des superficies boisées perdues.


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