ONU : la force internationale tente d'apaiser les tensions au nord du Kosovo

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo, Farid Zarif. ONU Photo/Rick Bajornas

29 novembre 2011 – Le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Kosovo, Farid Zarif, a indiqué mardi au Conseil de sécurité que la Force internationale de sécurité (KFOR) tentait d'apaiser les tensions au nord du Kosovo en consolidant notamment sa présence autour de deux postes frontière.

« Ces deux postes frontière restent fermés à la circulation en raison des barrages érigés par les Serbes du Kosovo qui continuent de protester contre la présence, pour l'instant symbolique, des autorités douanières et policières de Pristina », a précisé le Représentant spécial qui est également le Chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK).

Il a indiqué que la tentative dans la nuit du 23 au 24 novembre de la KFOR de démanteler une barricade à Dudin Krs sur une route de contournement vers Mitrovica avait déclenché un affrontement violent avec les résidents serbes qui ont attaqué la KFOR avec des pierres et des véhicules.

Selon la KFOR, 21 de ses soldats ont été blessés. Lundi matin, les soldats de la KFOR ont enlevé les barrages érigés par les Serbes du Kosovo à Zubin Potok. Dans l'après-midi, la violence a repris, les Serbes du Kosovo ont lancé des cocktails Molotov, blessant ainsi 23 soldats. Quinze manifestants serbes ont reçu des soins pour leurs blessures, a précisé M. Zarif.

« Ces incidents marquent clairement une escalade dans le niveau des violences et des tensions », a affirmé le Représentant spécial, qui a précisé que ces incidents avaient été condamnés par les plus hautes autorités du Kosovo et de la Serbie.

La situation dans le nord du Kosovo est étroitement liée à la situation politique en Serbie, où sont prévues des élections au printemps prochain. M. Zarif a rappelé que la MINUK avait exhorté les parties à s'engager dans un dialogue constructif, à renoncer à l'usage de la force et à permettre la liberté de mouvement des forces internationales mandatées par le Conseil de sécurité.

Le Représentant spécial s'est toutefois félicité d'une récente désescalade dans la rhétorique employée par les deux parties, en faisant remarquer que, sans progrès politiques, il sera difficile pour la KFOR et la Mission « État de droit » menée par l'Union européenne (EULEX) d'accomplir leurs mandats au nord du Kosovo. Les progrès enregistrés dans l'édification d'une force de police multiethnique au Kosovo pourraient être menacés, a-t-il averti.

La situation dans le nord du Kosovo continue d'être extrêmement volatile. « La frustration, la peur et la défiance » constituent un terreau favorable pour un retour de la violence, a précisé le Représentant spécial. Le dialogue entre Pristina et Belgrade, pour lequel l'Union européenne joue un rôle clef, constitue le cadre approprié pour la recherche d'une « solution européenne » concernant les deux postes frontière litigieux, a souligné le Représentant spécial, avant de rappeler que ce dialogue prévoyait aussi la mise en œuvre des accords précédemment conclus sur le cadastre, l'état civil et la liberté de mouvement.

Déplorant l'augmentation du nombre d'incidents visant les minorités du Kosovo -y compris le meurtre d'un Croate du Kosovo le 2 octobre dernier- par rapport à l'année dernière, M. Zarif a indiqué que ces incidents avaient des conséquences négatives sur la perception par les communautés concernées du niveau de sécurité dont elles bénéficient.

« Cette perception est l'un des éléments clefs entravant le retour des membres des minorités », a indiqué M. Zarif, qui a fait observer que le nombre de ces retours avait récemment diminué. S'il s'est félicité des progrès enregistrés dans la préservation du patrimoine culturel de l'Église orthodoxe serbe, il a noté qu'en ce qui concerne les personnes disparues, peu de progrès ont été réalisés à ce jour.

Il a demandé à toutes les personnes qui ont des informations sur le sort et l'emplacement de personne disparue de prendre contact avec le Comité international de la Croix-Rouge. Le Représentant spécial a détaillé les avancées réalisées dans l'enquête menée par la Mission EULEX sur les allégations de traitements inhumains et de trafic illicite d'organes humains au Kosovo.

Il a indiqué que l'Albanie s'est engagée à coopérer pleinement avec l'enquête. Belgrade est en faveur de la création par le Conseil de sécurité d'un organe indépendant pour enquêter en Albanie. Avant de conclure, le Représentant spécial a assuré que la situation au Kosovo, loin d'être un « conflit gelé » était « fluide et dynamique » et qu'il existait de réelles chances de surmonter durablement les tensions.


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