Pillay : prochaines années décisives pour les droits humains en Asie du Sud-est

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay.

28 novembre 2011 – La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a déclaré lundi que pour les pays membres de l''Association des nations de l'Asie du sud-est (ASEAN), les deux années à venir seront déterminantes pour le développement des institutions de défense des droits de l'homme aussi bien aux niveaux national que régional. Le Myanmar qui traverse actuellement une période de changements assurera la présidence de l'ASEAN en 2014.

Mme Pillay a passé trois jours sur l'île indonésienne de Bali pour y rencontrer la Commission intergouvernementale des droits de l'homme de l'ASEAN, les institutions nationales des droits de l'homme de quatre des dix pays membres de l'ASEAN et un grand nombre d'organisations de la société civile.

« Un élément qui est très clairement sorti des réunions et des discussions est que les années à venir seront déterminantes si les progrès en matière de respect des droits de l'homme s'accèlèrent dans la région », a indiqué Mme Pillay.

La Haut commissaire a salué l'approche « très positive » de l'Indonésie concernant les droits de l'homme. Ce pays assure la présidence de l'ASEAN en 2011 et donc de la Commission intergouvernementale des droits de l'homme, qui a été établie en 2009 avec un mandat large pour promouvoir le respect des droits humains. L'Indonésie occupe aussi actuellement le poste de Vice-président de la Commission pour les enfants et les femmes.

« Ces entités régionales sont encore jeunes, mais j'espère et je crois qu'elles vont se développer dans les années à venir, et nous devons encourager cette évolution. Il est important de maintenir la cadence et la dynamique générées par la création de ces organismes et il est temps de passer à la vitesse supérieure », a déclaré Mme Pillay.

Dans son premier discours devant la Commission intergouvernementale des droits de l'homme de l'ASEAN, Mme Pillay a rappelé que les aspirations et les attentes des populations sont grandes et que la Commission sera jugée sur ce qu'elle réussira à faire.

« Il sera très important de montrer des réalisations tangibles et une mise en œuvre créative du mandat de la Commission lors de la première évaluation de la Commission qui aura lieu en 2014 », a dit Mme Pillay.

« La première inquiétude est que la Commission en tant qu'institution ne dialogue pas avec la société civile, même s'il y a eu des contacts avec le Président actuel et un ou deux Commissaires à titre individuel. Aucune discussion sur les droits humains ne peut être complète ou crédible sans une participation active de la société civile et des institutions nationales des droits de l'homme », a-t-elle poursuivi.

Lors de la première évaluation de la Commission qui aura lieu en 2014, les progrès de l'ASEAN en matière de respect des droits de l'homme seront examinés à la loupe. Cette évaluation sera effectuée pendant la présidence du Myanmar et Mme Pillay s'est entretenue par téléphone avec l'opposante pro-démocratique birmane Aung San Suu Kyi à ce sujet.

« Nous avons discuté d'un certain nombre de sujets concernant le Myanmar, y compris les dernières tendances positives dont la libération de certains prisonniers politiques et la création d'une Commission nationale des droits de l'homme. Aung San Suu Kyi a toujours été une grande source d'inspiration pour la promotion des droits de l'homme et de la démocratie. Je suis encouragée par le fait que le gouvernement du Myanmar, et le Président en particulier, ait entamé un dialogue avec elle », a expliqué Mme Pillay.

Selon la Haut commissaire, les élections partielles à venir au Myanmar seront un signal qui montrera la rapidité des progrès. « En plus d'organiser ces élections, le gouvernement doit encourager le développement de l'indépendance des médias, de la société civile et de la Commission nationale des droits de l'homme », a souligné Mme Pillay.

Elle a noté comme signe encourageant le fait que le bureau régional du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) ait reçu une demande d'organiser des formations sur les droits de l'homme pour des représentants des gouvernements de plusieurs pays. « Ces fonctionnaires, dont beaucoup de jeunes, étaient très positifs, intéressés et pleins d'énergie. Ni la formation en droits de l'homme ni la réaction positive des participants n'auraient été envisageables il y a seulement quelques années » s'est-t-elle félicitée.


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