Le Niger confronté à une crise alimentaire et nutritionnelle, prévient OCHA

Un enfant au Niger attendant la nourriture qui l’empêchera d’être victime de malnutrition.

18 novembre 2011 – La récolte annuelle du Niger s'achève sur un déficit dans la production de céréales ce qui menace la sécurité alimentaire de plus de la moitié des villages du pays, ont indiqué vendredi le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et le gouvernement nigérien.

« Les récoltes agro-pastorales 2011 au Niger s'achèvent sur un déficit de 519.639 tonnes de céréales et plus de 10.222.308 tonnes de fourrage pour le bétail, selon la dernière évaluation effectuée par le gouvernement », s'inquiètent OCHA et le gouvernement dans un communiqué conjoint.

Plus de la moitié des villages du Niger (6.981) se trouvent en situation de vulnérabilité à l'insécurité alimentaire. Cette situation laisse présager une saison de soudure particulièrement difficile et une augmentation des taux de malnutrition infantile et maternelle.

D'autres pays sahéliens voisins du Niger connaissent également une baisse du niveau de leur production agricole, ce qui pourrait avoir un impact sur l'approvisionnement du pays en céréales et influencer les prix des denrées alimentaires dans la sous-région.

En juin dernier, le taux de malnutrition infantile dépassait le niveau d'alerte dans sept régions sur huit. Dans la région de Tillabéry, dans l'ouest du pays, l'une des zones plus touchées par la sécheresse cette année, le taux de malnutrition aigüe a atteint plus de 13%. Selon les résultats préliminaires de l'enquête nutritionnelle d'octobre 2011, ce taux se rapprocherait du seuil d'urgence de 15%.

« Même si la situation alimentaire au Niger a enregistré une certaine amélioration en 2011, suite aux bonnes récoltes de l'année précédente, les effets de la grande crise alimentaire et nutritionnelle de 2010 ont réduit les capacités de survie des populations rurales – particulièrement les petits éleveurs qui n'ont pas encore pu reconstituer leur cheptel », selon le communiqué.

« En outre, les conséquences de la crise en Libye, qui a provoqué le retour de plus de 200.000 migrants nigériens, a aggravé la vulnérabilité des communautés d'accueil déjà privées du soutien financier de ces ressortissants », ont-ils ajouté.


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