Des experts de l’ONU critiquent les restrictions visant des monastères tibétains

Un homme prie dans les montagnes du Tibet.

1 novembre 2011 – Un groupe d'experts indépendants des Nations Unies sur les droits de l'homme ont exprimé mardi leur préoccupation concernant des informations faisant état de mesures de sécurité lourdes autour de plusieurs monastères bouddhistes tibétains.

Ces mesures de sécurité ont été prises autour du monastère de Kirti, qui abrite quelques 2.500 moines, et autour d'autres monastères de la région d'Aba, une région de la province chinoise du Sichuan dans laquelle vivent de nombreux Tibétains.

« Il faut éviter l'intimidation de la communauté monastique et laïque. Le droit de la communauté monastique et de la communauté plus large à pratiquer librement leur religion doit être respecté et garanti par les autorités chinoises », a dit le Rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté des cultes, Heiner Bielefeldt. Selon les informations dont il dispose, les forces de sécurité déployées comptent des forces anti-émeute et des soldats armés de fusils automatiques qui bloquent les accès au monastère.

Les forces de sécurité auraient effectué des incursions à l'intérieur des monastères pour surveiller les activités religieuses. « De telles mesures restrictives limitent non seulement le droit à la liberté de culte, mais exacerbent aussi les tensions et sont contreproductives, » a déclaré M. Bielefeldt.

Ces propos ont été appuyés par le Rapporteur spécial sur les droits de réunion et d'association, Maina Kiai, qui a prévenu que « de telles mesures sont des entraves à l'exercice du droit d'association des membres de la communauté monastique ».

Le Rapporteur spécial sur la liberté d'expression, Frank La Rue, a exprimé sa « grande préoccupation concernant les allégations de restrictions de l'accès à l'Internet et aux services de messagerie mobile, et le manque d'accès des journalistes dans la région d'Aba. Plutôt que de prendre de telles mesures, le gouvernement devrait écouter et réagir aux griefs légitimes de la communauté monastique ».

Les mesures de sécurité restrictives ont abouti à des tensions plus vives entre les autorités chinoises et les membres de la communauté monastique, en particulier depuis le mois de mars 2011, avec davantage de protestations de la part de moines et de laïcs qui demandent plus de liberté de culte. Les restrictions des libertés de culte, d'expression et d'association ont forcé de nombreux moines à quitter le monastère, soit parce qu'ils ont été arrêtés soit parce qu'ils ont été victimes de disparitions forcées.

« Toute disparition forcée est inacceptable puisque c'est une violation du droit international. Cette pratique odieuse n'est permise sous aucun prétexte. Aucune circonstance exceptionnelle ne peut justifier une disparition forcée », a souligné le Président et Rapporteur du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires, Jeremy Sarkin.


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