L'Assemblée générale clôt sa 65e session, Joseph Deiss fait ses adieux

Le Président de l’Assemblée générale Joseph Deiss (à droite) et le Secrétaire général Ban Ki-moon lors de la clotûre de la 65e session.

12 septembre 2011 – L'Assemblée générale de l'ONU a clos lundi sa 65e session lors d'une ultime séance au cours de laquelle le Président sortant de cet organe des Nations Unies, Joseph Deiss, a fait ses adieux et est revenu sur les grands dossiers de l'année passée, les accomplissements de l'Organisation, mais aussi ses échecs.

« Souvenez-vous, le 14 septembre 2010, c'est le représentant d'un régime aujourd'hui déchu qui me remettait le marteau. Comment avions-nous pu tolérer que le tyran de ce pays bafoue, quelques mois plus tôt, en cette salle-même, les valeurs des Nations Unies en jetant la Charte à terre ? Dans quel moment d'égarement avions-nous pu élire ce régime comme membre du Conseil des droits de l'homme ? Nous avons su réagir. Nous avons su le faire, le 1er mars 2011, lorsque nous avons suspendu la Libye du Conseil des droits de l'homme, imposer la force morale des Nations Unies aux yeux du monde entier, » a déclaré M. Deiss.

Parmi les accomplissements des Nations Unies au cours de l'année passée, M. Deiss est revenu sur les progrès dans le domaine des Objectifs du Millénaire pour le développement et particulièrement sur les progrès en matière de réduction de la pauvreté. L'ONU a réaffirmé sa détermination à respecter le calendrier établi et en 2015, la pauvreté devrait être réduite de moitié, a-t-il rappelé. Il s'est également félicité de l'organisation de la réunion de haut niveau sur le Sida en juin, au cours de laquelle la communauté internationale a réaffirmé la volonté de lutter contre le fléau et à adopter de nouveaux objectifs pour l'éradication de la maladie.

Dans le domaine du développement durable, M. Deiss a fait état d'un bilan positif. La 65e session de l'Assemblée générale s'est ouverte avec une réunion de haut niveau sur la biodiversité, qui a contribué au processus de négociations conclu avec succès, lors de la conférence de Nagoya. « C'est un pas important pour la préservation de notre environnement. Les défis qui touchent les petits Etats insulaires en développement, la réalisation de la stratégie de Maurice, la réduction des risques en cas de catastrophe ont également retenu toute notre attention, » a rappelé Joseph Deiss.

Le Président de l'Assemblée générale a également insisté sur l'importance de maintenir les Nations Unies au cœur de la gouvernance globale. Un dialogue constructif a été établi avec la Présidence du G20. « A l'heure où de plus en plus de défis sont globaux et nécessitent des réponses coordonnées et collectives, nous, les Etats membres, ne devons pas laisser les Nations Unies être marginalisées par de nouveaux acteurs de la gouvernance globale, parfois plus efficaces que l'ONU et son Assemblée générale certes, mais souffrant d'une carence de légitimité, » a souligné M. Deiss.

Il a reconnu que l'engagement au nom des valeurs des Nations Unies peut paraitre parfois un peu mou ou trop tardif, mais l'ONU est une organisation portée par la volonté des Etats membres. Malgré cela, l'organisation reste une force morale protectrice des populations civiles et de leurs droits, encourageant le règlement pacifique des conflits et l'amitié entre les peuples.

« Trop souvent, nous sommes réticents à abandonner les enjeux purement nationaux de court terme. Pire, des débats cruciaux sur des questions fondamentales pour les plus pauvres et les plus vulnérables d'entre nous sont l'otage de positions électoralistes et d'agendas cachés. Cette tendance fait le lit des double standards, » a souligné Joseph Deiss en insistant sur l'importance de l'effort de réforme du système de Nations Unies pour que l'organisation reflète mieux le monde actuel et soit mieux adaptée à la recherche d'intérêts communs.

De son côté, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a remercié M. Deiss pour ses efforts et son engagement, et a salué les résultats obtenus pendant son mandat.

« Vous avez piloté l'Assemblée à travers trois processus différents, délicats et importants : la restructuration du volet des opérations de maintien de la paix, la réforme du Conseil des droits de l'homme et les efforts de réformes du Conseil économique et social. Vous avez organisé de nombreux débats thématiques sur des questions qui sont importantes pour les peuples du monde comme le respect des lois, l'économie verte et la responsabilité de protéger » a déclaré Ban Ki-moon dans un discours.

La 66e session de l'Assemblée générale des Nations Unies doit s'ouvrir mardi et sera présidée par Nassir Abdulaziz Al-Nasser, du Qatar.


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