Haïti : la coordination de l'aide reste un défi pour le rétablissement du pays

Une jeune fille haïtienne transporte de l’eau à Port-au-Prince.

28 juillet 2011 – Un groupe consultatif des Nations unies sur Haïti a présenté jeudi son rapport sur les progrès tangibles dans le pays ravagé par le tremblement de terre et indiqué que la coordination de l'aide demeure un défi et que la formation d'un gouvernement reste dans l'impasse ce qui retarde l'effort de reconstruction.

Le Groupe consultatif ad hoc sur Haïti du Conseil économique et social a fait état des conclusions d'une visite de quatre jours dans le pays des Caraïbes en juin.

« Le premier constat que le Groupe se doit de faire est celui de l'amélioration de la situation sur le terrain par rapport à la visite qu'il avait entrepris un an auparavant à la même époque. Les progrès enregistrés dans les activités de déblaiement et de reconstruction dans la ville de Port-au-Prince et ses communes environnantes sont manifestes et témoignent d'une mobilisation de la société haïtienne et de l'utilité de l'aide apportée par la communauté internationale », a déclaré le groupe composé de 13 personnes.

Le groupe a énuméré les réalisations dans le redressement suite au tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010 qui a cause la mort de plus de 220.000 personnes et a détruit les infrastructures déjà fragiles du pays. Le rapport a souligné les bons résultats dans les efforts de déblayage, de réinstallations de personnes déplacés et la lutte contre le cholera.

« La coordination de l'aide est un défi majeur que le groupe accorde une importance particulière depuis plusieurs années. Il est devenu urgent en vue du nombre grandissant d'acteurs impliqués dans l'effort d'aide à Haïti et les ressources alloués au processus de reconstruction », a indiqué le rapport.

Presque tous les interlocuteurs du groupe estiment que le manque de coordination risque de conduire à des duplications et de réduire l'efficacité de l'intervention.

Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général en Haïti, Nigel Fisher, a de son côté déclaré au Conseil économique et social que la mise en œuvre des priorités du gouvernement ont été « gravement retardés » à cause de l'impasse causé par la lutte entre le Président Michel Martelly et le Parlement sur la nomination du nouveau Premier ministre.

« L'incapacité des acteurs politiques à trouver une solution rapide à l'impasse a des conséquences néfastes sur l'assistance internationale, sur les perspectives de développement d'Haïti et plus grave, sur la population d'Haïti », a déclaré Ambassadeur Keith Morill du Canada qui dirige le groupe.

Le groupe consultatif a recommandé la continuation d'une présence forte de l'ONU sur le terrain, que les acteurs présents devraient mettre en commun leurs efforts et de mettre l'accent sur le renforcement de capacités locales y compris dans les provinces dans un effort de décentralisation.

Enfin, le groupe recommande que le gouvernement d'Haïti améliore la productivité agricole, la création d'emplois à la fois dans le secteur public et privé par la coopération entre acteurs sociaux, gouvernement et les entreprises.


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