Haïti: l'ONU plaide pour une prise en charge lors de fermetures de camps

Un camp de déplacés à Port-au-Prince.

21 juillet 2011 – Suite à la fermeture, la semaine dernière, du camp de déplacés situé dans l'enceinte du Stade Sylvio Cator, à Port-au-Prince, dans lequel vivaient plus de 400 familles, la Section des Droits de l'Homme de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) représentant du Bureau du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme (HCDH) en Haïti, a réitéré jeudi l'importance du respect du droit de tous les haïtiens à un logement convenable, particulièrement s'agissant des personnes vivant dans les camps qui se sont formés après le séisme et dans les communautés informelles - parfois appelées bidonvilles.

Dans un communiqué publié jeudi, le Bureau du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme a réitéré « sa recommandation aux autorités haïtiennes de s'assurer que la fermeture des camps soit réalisée d'une façon planifiée, dans le respect des standards internationaux des droits de l'homme et que celle-ci s'insère dans une stratégie plus large visant à améliorer l'accès au logement convenable ».

Le HCDH a estimé « qu'une reconstruction réussie ainsi qu'une sécurisation et une stabilisation à long terme du pays dépendront en partie de la réalisation du droit à un logement convenable ».

« Tout au long de l'année 2010, le HCDH a encouragé le gouvernement haïtien à adopter une approche globale prévoyant des délais raisonnables pour la fermeture des camps, assortie des logements alternatifs », poursuit le communiqué.

Le HCDH a insisté pour que le plan englobe tous les camps et inclue des dispositions pour améliorer les conditions de vie dans des établissements informels, et qu'il envisage la transformation d'un nombre restreint de camps en quartiers informels destinés à perdurer.

« Étant donné le cycle continuel de mouvements des quartiers aux camps, le HCDH reste convaincu que seul un plan global peut permettre de faire avancer la cause du progrès durable et du respect des droits de l'homme. Ceci implique notamment l'élaboration d'un calendrier pour la fermeture des sites dans des délais raisonnables et le respect des droits des personnes vivant dans les camps », plaide le HCDH.

Lors de sa visite de travail en Haïti du 8 au11 Juin 2011, la Rapporteur Spéciale des Nations Unies sur le droit à un logement convenable, Raquel Rolnik, avait formulé des recommandations sur la situation du logement et des efforts de reconstruction au Gouvernement d'Haïti et à la communauté internationale.

Le HCDH et la Rapporteur Spéciale avaient félicité les autorités nouvellement élues d'avoir manifesté la volonté de travailler avec la communauté humanitaire et de préparer une stratégie initiale pour la fermeture de six camps et la réhabilitation concomitante de 16 quartiers dont la plupart des personnes vivant dans ces camps sont originaires

Le HCDH a exprimé sa préoccupation sur les conditions dans lesquelles les familles qui vivaient dans le Camp Silvio Cator (Port-au-Prince) initialement identifié comme une priorité, ont été expulsées à partir du 15 juillet moyennant une somme de 10,000 gourdes par famille.

Pour le HCDH, la solution de relocalisation proposée par la mairie « ne respecte pas le droit à un logement convenable ».

« L'absence de services de base ainsi que la qualité insuffisante des abris distribués placent les personnes dans une situation de vulnérabilité supérieure à celle dans laquelle elles se trouvaient dans le camp Silvio Cator. Enfin, concernant les familles qui ont choisi de chercher leur propre logement alternatif suite à leur expulsion, il n'existe aucune garantie que ces dernières aient réellement trouvé une solution de relogement », a déploré le Haut commissariat.


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