Alors que le Sud-Soudan proclame son indépendance, l’ONU promet son soutien

Des gens exprimant leur joie alors que la République du Sud-Soudan proclame son indépendance.

9 juillet 2011 – Le Sud-Soudan a proclamé officiellement samedi son indépendance lors de cérémonies à Juba, la capitale de la nouvelle nation, en présence du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et du Président de l’Assemblée générale de l’ONU, Joseph Deiss, qui ont promis le soutien des Nations Unies au nouvel Etat.

"Au nom des Nations Unies. Au nom de l’ensemble de la communauté internationale, je félicite les huit millions de citoyens de la République du Sud Soudan et en cette grande et capitale occasion, j’adresse à cette toute nouvelle nation en Afrique, à cette toute nouvelle nation sur Terre, mes meilleurs voeux d’un avenir pacifique, prospère et heureux ", a déclaré Ban Ki-moon dans un discours lors des cérémonies marquant l’indépendance.

"La naissance de cette nouvelle nation est l’aboutissement d’une longue lutte. Une lutte qui a vu des violences terribles. Une lutte qui a détruit de nombreuses vies, pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, nous ouvrons un nouveau chapitre", a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général de l’ONU a salué le Président du Sud-Soudan, Salva Kiir, et le Président du Soudan, Omar Al-Bachir, d’avoir su prendre les décisions difficiles et faire des compromis.

Il a rappelé que la nouvelle nation était confrontée à des défis énormes : l’extrême pauvreté, le manque d’infrastructures de base et d’institutions gouvernementales, l’insécurité politique. Il a toutefois estimé qu’il ne fallait pas sous-estimer le potentiel remarquable du Sud Soudan, notamment ses ressources naturelles abondantes, ses vastes terres arabes et le Nil coulant en son centre.

Selon lui, le Sud-Soudan ne peut pas relever ces défis tout seul et il a particulièrement besoin du soutien de son voisin dont il vient de se séparer, le Soudan. "Un Sud viable aura besoin d’un Nord viable. Et vice versa", a-t-il dit.

Le Secrétaire général a rappelé que des aspects du processus de paix entamé en 2005 entre le Nord et le Sud n’avaient pas encore été réglés, notamment le référendum de la zone d’Abyei et les consultations populaires dans les Etats du Sud-Kordofan et du Nil-Bleu.

Il a appelé le Soudan et le Sud-Soudan à déclarer sans équivoque qu’ils restaient déterminer à régler les aspects inachevés de l’Accord de paix global de 2005 qui avait mis fin à la guerre civile.

Le Secrétaire général de l’ONU a réaffirmé l’engagement des Nations Unies à aider le nouvel Etat à faire face à ses nombreuses responsabilités en tant que nation. Le Conseil de sécurité de l’ONU a créé vendredi la Mission d`assistance des Nations Unies en République du Sud-Soudan (MANURSS). "Notre mandat : aider le Sud-Soudan à mettre en place des institutions de gouvernance efficaces et répondre aux grands espoirs de sa population", a souligné Ban Ki-moon.

Le Président de l’Assemblée générale de l’ONU, Joseph Deiss, a également salué ce moment historique. "Un nouveau pays déclare formellement son indépendance et ce nouvel Etat va devenir membre des Nations Unies", a-t-il dit.

M. Deiss a précisé que l’Assemblée générale procéderait rapidement pour accueillir le nouvel Etat membre, le 193e, après avoir reçu la recommandation du Conseil de sécurité en la matière.

"En tant que Président de l’Assemblée générale, ce sera un grand privilège et un honneur pour moi d’accueillir le Sud-Soudan comme membre des Nations Unies. En ce jour, l’écho du marteau durera longtemps. En ce jour, à New York, au siège des Nations Unies, le drapeau adopté par le Sud-Soudan flottera haut et fier comme tout autre drapeau", a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, a rappelé qu’environ 350.000 anciens réfugiés sont retournés au Sud-Soudan au cours des six dernières années et qu’ils joueront un rôle clé dans la prospérité future du nouvel Etat.

"Je suis particulièrement content que le Parlement du Sud-Soudan ait récemment adopté une Loi sur la nationalité, qui devrait aider à empêcher l’apatridie alors que le nouvel Etat émerge. J’espère que le gouvernement du Soudan adoptera pareillement des politiques minimisant le risque d’apatridie pour les individus restant au nord et continuera sa longue tradition de générosité à l’égard de réfugiés d’autres pays", a dit M. Guterres dans un communiqué.


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