Syrie : une ville et des villages désertés dans le nord-ouest, selon le HCR

21 juin 2011 – Suite à de violents affrontements la semaine dernière dans la ville de Djisr al Choghour, au nord-ouest de la Syrie, les autorités syriennes ont organisé lundi une mission sur place à laquelle une équipe du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a participé. L'agence a constaté ave inquiétude que la ville et des villages alentours ont été désertés par leur population.

« Le HCR a participé lundi à une mission organisée par les autorités syriennes dans la ville syrienne de Djisr al Choghour, près de la frontière avec la Turquie. La visite a été menée par des militaires syriens pour 150 personnes, des diplomates, des journalistes et des membres des agences des Nations Unies à Djisr al Choghour depuis Idlib dans l'est », a indiqué mardi un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

« Des membres du personnel du HCR ont rapporté que les villages étaient de plus en plus déserts depuis une distance d'environ 40 kilomètres de Djisr al Choghour. Il n'y avait aucun signe prouvant que les habitants étaient partis travailler dans les champs. La ville de Djisr al Choghour est presque déserte, la plupart des magasins étaient fermés », a-t-il ajouté.

Selon le HCR, la mission avait pour objectif « de montrer la scène du conflit et non les besoins humanitaires ». Aucune population déplacée n'a été rencontrée, mais le fait que Djisr al Choghour et les villages environnants soient vides est la preuve d'un déplacement de population significatif, a conclu l'agence onusienne.

Le HCR a rencontré brièvement du personnel du Croissant-Rouge arabe syrien qui a fait état de pénuries de vivres et de médicaments dans la zone.

« A part cette discussion brève, la mission n'a pu mener d'autres évaluations de la situation humanitaire », a précisé Adrian Edwards.

Depuis le 7 juin dernier, entre 500 et 1.000 personnes traversent chaque jour la frontière depuis la Syrie vers la Turquie. Le HCR dénombre plus de 10.000 réfugiés syriens hébergés par les autorités turques dans quatre camps situés le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie.

« Les efforts menés par les autorités turques et le Croissant-Rouge turc pour fournir une protection et un abri ainsi que répondre aux besoins des réfugiés syriens sont louables », a fait savoir le porte-parole du HCR.

« Nous sommes préoccupés par le fait qu'un grand nombre d'arrivants sont profondément traumatisés, et que de nombreux groupes de personnes vulnérables ont besoin d'aide – en particulier les femmes seules avec leurs enfants, qui représentent 50% de la population », a-t-il ajouté.

Des réfugiés syriens ont pu discuter avec l'équipe du HCR. Nombres d'entre eux ont perdu des membres de leur famille, tués ou portés disparus.

« Notre équipe a entendu des témoignages de meurtres, d'assassinats ciblés, d'attaques, de civils tués dans des tirs croisés, de torture et d'humiliations par les militaires. La plupart de ces personnes ont perdu quasiment toutes leurs possessions et leurs biens. Dans de nombreux cas, leur bétail a été tué, leurs champs ont été incendiés et leur maison et leur entreprise détruite ou confisquée », a précisé le porte-parole du HCR, en soulignant que l'agence se tient prête à aider le gouvernement turc.


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