L'ONU plaide en faveur du renforcement de la protection des civils dans les conflits

Des réfugiés qui ont fui la Libye attendent une distribution alimentaire à la ville frontière de Sallum, en Egypte.

10 mai 2011 – S'exprimant devant le Conseil de sécurité lors d'un débat sur la protection des civils pendant les conflits armés, mardi, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, s'est inquiétée de la situation dans plusieurs zones de conflit, notamment en Libye et en Côte d'Ivoire, et a insisté sur la nécessité d'assurer une protection plus efficace des populations civiles. Présente au cours du débat la Haut commissaire aux droits de l'homme, Navy Pillay , a, quant à elle, souligné la nécessité du respect des droits de l'homme dans les zones de conflits.

« Au cours de conflits, le fait que des civils soient délibérément pris pour cibles et victimes d'atteintes flagrantes à leur vie, que le droit international humanitaire soit violé, provoque la mort de centaines de personnes. Les événements récents en Libye et en Côte d'Ivoire en sont les derniers exemples, mais d'autres situations retiennent notre attention », a déclaré Valerie Amos.

La chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) a noté que depuis novembre et la dernière discussion sur le sujet devant le Conseil de sécurité, « nous avons assisté à une série de crises sans précédent dans certaines parties du Moyen-Orient et certaines parties d'Afrique du Nord et d'Afrique sub-saharienne ».

« Je suis préoccupée par les violences dirigées contre des civils à Bahreïn, au Yémen et, plus récemment, la Syrie, et à la perte de vies humaines et d'autres violations des droits de l'homme », a-t-elle poursuivi.

Valerie Amos a insisté sur la situation « particulièrement préoccupante » en Libye et en Côte d'Ivoire. « Il y a eu de graves allégations de violations des règles régissant les conflits dans ces deux pays ».

Sur la Libye, elle a indiqué qu'elle continuerait « à faire appel à toutes les parties pour qu'elles acceptent une trêve dans les hostilités à Misrata pour des raisons humanitaires : permettre à ceux qui veulent fuir le faire, et permettre au personnel humanitaire d'évaluer la situation et apporter de l'aide ».

La Haut commissaire aux droits de l'homme, Navy Pillay, s'est également dit préoccupée par la situation dans ces pays. Rappelant que « le non respect des droits de l'homme –dont les droits civiques, culturels, économiques, politiques et sociaux- était l'un des facteurs de tensions, de violence et finalement, de conflit armé », elle a insisté sur la nécessité de protéger les droits de l'homme afin d'empêcher les conflits.

Le Haut commissaire s'est penchée sur les situations de plusieurs pays où les droits de l'homme étaient en danger, notamment la Libye en expliquant que « pour réduire les risques de victimes civiles, il est nécessaire que toutes les parties du conflit s'en tiennent à leur obligation de ne s'attaquer qu'à des objectifs militaires ».

Elle a rappelé que des commissions d'enquête sur les allégations de violation des droits de l'homme avaient été mandatées par le Haut commissariat aux droits de l'homme en Libye, Egypte et Tunisie. Evoquant la Syrie, il a ajouté : « Nous devons empêcher la répression violente des manifestations de plonger le pays dans un conflit armé » et précisé qu'une équipe allait être envoyée sur place pour enquêter sur les allégations de violation du droit international.

Les deux femmes ont par ailleurs appelé à rester attentifs aux conflits en Somalie, en République démocratique du Congo (RDC), au Sud Soudan, au Darfour, en Colombie, à Gaza, en Afghanistan ; à différent endroits où des civils sont victimes des conflits.

Valerie Amos a aussi cité le Sri Lanka, puisqu'un récent rapport rendu au Secrétaire général par un groupe spécial d'experts sur les responsabilités au Sri Lanka a conclu que quelques 40.000 civils seraient morts dans la phase finale du conflit, mentionnant des allégations de violations des droits de l'homme par les deux parties au conflit.

« Certaines de ces violations pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Le droit international exige que ces allégations soient l'objet d'enquêtes », a-t-elle insisté.

La chef d'OCHA en conclut que pour assurer le respect du droit international, le Conseil de sécurité doit utiliser « toutes les ressources qui s'offrent à lui pour condamner les violations et appeler les parties au respect de leurs obligations » et ce, jusqu'à prendre des « sanctions ciblées ».


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