Côte d'Ivoire : une équipe de l'OMS dans l'Ouest pour évaluer les besoins

Des déplacés ivoiriens à la mission catholique à Duékoué, en Côte d'Ivoire.

19 avril 2011 – Une équipe d'experts de santé publique de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est rendue dans l'ouest de la Côte d'Ivoire afin d'identifier les principales interventions nécessaires pour améliorer l'accès aux services de santé en fonction des priorités locales, a indiqué mardi un porte-parole de l'OMS à Genève, Tarik Jasarevic.

Le fonctionnement du système de santé a été fortement perturbé dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire à la suite des violences liées à la crise postélectorale. La région du Moyen Cavally a été particulièrement touchée par la crise, avec seulement 10 des 44 centres de santé restant ouverts et offrant des services limités. Pas un seul chirurgien ou gynécologue n'est resté dans la région et la plupart des médecins généralistes et des infirmières spécialisées ont aussi fui la violence. Ceux qui sont restés n'ont pas touché de salaires depuis trois mois.

Dans les districts de Touslepleu et Bluloqin, tous les établissements de santé ont été pillés et détruits. Le traitement des patients nécessitant une chirurgie est très difficile, car deux des quatre hôpitaux de district ont été fermés et les deux autres n'ont pas les capacités et les ambulances suffisantes. Les patients ont été contraints de chercher leurs propres moyens de transport pour se rendre à la structure de référence la plus proche et fonctionnant encore, parfois à des centaines de kilomètres.

M. Jasarevic a indiqué que les experts de l'OMS ont également visité le complexe de la mission catholique de Duékoué, où plus de 27.000 personnes fuyant les violences intercommunautaires ont trouvé refuge. Les conditions l'hygiène et d'assainissement se sont gravement détériorées dans ce complexe surpeuplé, augmentant le risque d'une épidémie de choléra ou de rougeole.

L'OMS a expédié la semaine dernière neuf tonnes de matériel en Côte d'Ivoire, y compris des médicaments contre les maladies diarrhéiques, des antipaludiques et des équipements chirurgicaux pour le traitement des blessures.

Ces fournitures ont été prises par l'OMS dans des stocks pré-positionnés au Libéria et au Burkina Faso et seront distribuées en fonction des besoins identifiés par l'équipe d'experts. Elles s'ajoutent aux cinq tonnes de fournitures médicales de base livrées depuis février. La priorité pour l'OMS et ses partenaires dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire est de faire en sorte que les installations sanitaires existantes continuent d'être opérationnelles et de rouvrir celles qui ont été fermées.

Alors que la situation s'est améliorée à Abidjan, l'OMS a été en mesure de livrer ses stocks existants à des organisations médicales internationales opérant dans un hôpital de référence dans la capitale économique ivoirienne.

Jusqu'à présent, l'OMS et le groupe santé ont reçu 28% des 6,5 millions nécessaires pour les activités de santé en Côte d'Ivoire et dans les pays voisins pour le reste de cette année, a également précisé le porte-parole.


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