RDC : l'ONU salue la condamnation de onze militaires de l'armée pour des viols

Une affiche à Goma, dans l’est de la RDC, prévient des conséquences criminelles des viols.

10 mars 2011 – « Je me réjouis du verdict rendu aujourd'hui par le tribunal militaire du Sud-Kivu, à Kalehe, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Les onze membres des Forces armées congolaises (FARDC) accusés de viols, pillages, destructions d'écoles et d'enlèvements d'enfants, ont été reconnus coupables », a indiqué mercredi la Représentante spéciale de l'ONU pour la violence sexuelle dans les conflits, Margot Wallström.

« Je salue aussi le courage de 18 des 24 femmes violées par ces hommes qui sont venues témoigner devant le tribunal », a-t-elle poursuivi. « Il est maintenant crucial que les victimes et les témoins de violences sexuelles soient protégés, ainsi que leurs familles ».

Du 22 au 26 septembre 2009, 24 femmes avaient été violées à Katasomwa par onze militaires appartenant au 68ème Bataillon des FARDC.

Leur procès s'est ouvert le 28 février, devant la Cour militaire du Sud-Kivu, siégeant en audience foraine à Kalehe, avec le soutien financier, logistique et matériel de la Mission de stabilisation de l'ONU dans le pays (MONUSCO), du Bureau conjoint de l'ONU aux droits de l'Homme en RDC (BCNUDH), du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de plusieurs organisations non gouvernementales.

Poursuivis pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, tous les accusés ont été reconnus coupables et condamnés : 15 ans de prison pour le Lieutenant-colonel Balumisa, son commandant en second, le Major Elia, et le Capitaine Makanyaka, chargé du renseignement militaire. Toujours en fuite, les huit autres militaires de l'armée congolaise -un major, trois capitaines, quatre lieutenants- ont été condamnés par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité.

Dans son communiqué, Margot Wallström estime que ces lourdes condamnations envoient « un signal fort à tous les auteurs de violences sexuelles en RDC : aucun commandant militaire est au-dessus de la loi, même ceux d'une armée nationale ».

La Représentante spéciale de l'ONU se félicite également des condamnations prononcées à Kampene, fin février, par la Cour militaire de Maniema, à l'encontre de deux membres de la police congolaise. L'un a été condamné à 15 ans de prison pour viol, extorsion de fonds et violences sur des civils, l'autre à cinq mois de prison pour avoir aidé un violeur présumé à s'échapper.

« Cela montre également que les efforts déployés pour mettre un terme à l'impunité pour ces crimes continuent de produire des résultats concrets », a poursuivi Margot Wallström, avant de « remercier toutes les personnes impliquées dans le succès de ces procédures judiciaires ». « Je félicite le gouvernement de la RDC pour son action rapide et sa mobilisation en cours pour lutter contre la violence sexuelle ».

« Il est maintenant impératif que les huit membres des FARDC condamnés par contumace soient appréhendés dans les meilleurs délais. Nous continuerons à veiller la dessus, comme nous continuerons à enregistrer les autres violences sexuelles perpétrées dans les conflits, où qu'elles se produisent », a conclu la Représentante spéciale de l'ONU pour la violence sexuelle dans les conflits.

Dans un rapport publié au début du mois de mars, le Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) estime qu'au cours des 12 dernières années de conflit, environ 200.000 femmes ont été violées en RDC, dont au moins 120 depuis le début 2011.


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