RDC : l'UNICEF demande une meilleure protection des enfants contre la violence

Des enfants attendent d’être vaccinés contre la polio, à Goma, en RDC.

4 mars 2011 – En visite à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), le Directeur du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Anthony Lake, a plaidé en faveur d'une plus grande protection des enfants dont l'avenir s'avère compromis par la poursuite du conflit et des violences.

L'UNICEF s'inquiète particulièrement des effets du conflit sur les enfants, exposés aux violences sexuelles et au risque de recrutement par des groupes armés. En 2010, 14.591 cas de violence sexuelle ont ainsi été signalés dans le pays, dont de nombreux concernant des enfants.

« Quoi de plus repoussant que la violence sexuelle contre les enfants, que ce soit en RDC ou ailleurs? Nous devrions tous être alarmés par les allégations les plus récentes de viols perpétrés par des soldats au Nord et au Sud-Kivu, en particulier par les rapports indiquant que des enfants font parti des victimes de ces atrocités », a déclaré Anthony Lake, rappelant qu'il s'agissait de crimes pour lesquels « il ne peut y avoir d'impunité » et dont « les auteurs doivent être poursuivis et punis par la loi ».

Si l'UNICEF rappelle qu'il y a eu des progrès dans la réinsertion d'enfants enrôlés dans les forces armées, avec 5.000 d'entre eux démobilisés et réintégrés à la vie civile en 2010, l'agence onusienne souligne que le recrutement d'enfants soldats reste un problème en RDC. « Les enfants enrôlés par des forces armées sont exposés à de graves dangers, des blessures physiques et des dommages psychologiques durables, et sont privés de leur droit le plus fondamental : celui d'être enfant et d'avoir une enfance », a rappelé Anthony Lake.

« Ne disposant pas des services de base - eau potable, assainissement, alimentation suffisante, éducation et soins de santé - les enfants touchés par les conflits armés sont parmi les plus vulnérables en RDC. Ils ont pourtant le même droit aux services sociaux que tous les autres enfants », a souligné de son côté la Représentante de l'UNICEF dans le pays, Pierrette Vu Thi.

Selon une enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) réalisée par l'UNICEF en RDC en 2010, un enfant sur sept meurt avant l'âge de cinq ans, près de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffre de retards de croissance en raison de carences nutritionnelles, moins de la moitié de la population a accès à l'eau potable et deux tiers des enfants n'ont pas de certificat de naissance.

Malgré ces chiffres alarmants, des progrès ont néanmoins été réalisés dans le pays depuis la précédente enquête réalisée en 2001 : le nombre d'enfant scolarisés continue d'augmenter, la distribution massive de moustiquaires imprégnées d'insecticide permet à un nombre de plus en plus important d'enfants d'être protégé du paludisme, de plus en plus sont aussi vaccinés. « Si de tels progrès ont été réalisés, d'autres peuvent encore l'être », a d'ailleurs souligné Anthony Lake, venu suivre également le lancement d'une vaste campagne de vaccination de 14 millions d'enfants destinée à enrayer une épidémie de poliomyélite qui s'est déclarée en 2010, avec 120 cas recensés, contre 3 seulement dans tout le pays en 2009.

« L'éradication de la polio en RDC nécessite un engagement absolu du gouvernement et de ses partenaires », a-t-il encore insisté. « L'UNICEF fera tout son possible pour soutenir ces efforts, afin que la poliomyélite appartienne au passé et qu'un avenir meilleur soit bâti pour tous les enfants de la RDC ».


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