L'Assemblée générale suspend la Libye du Conseil des droits de l'homme

L’Assemblée générale de l’ONU.

1 mars 2011 – L'Assemblée générale de l'ONU a suspendu mardi la Libye du droit de siéger au Conseil des droits de l'homme en raison de la situation qui règne dans ce pays où les autorités exercent depuis deux semaines une répression violente contre un soulèvement populaire.

Les Etats Membres ont adopté par acclamation une résolution décidant « de suspendre le droit de siéger au Conseil des droits de l'homme de la Jamahiriya arabe libyenne » en vertu de la résolution 60/251, du 25 mars 2006, et en particulier du paragraphe 8. Ce paragraphe autorise en effet l'Assemblée générale « à suspendre le droit de siéger au Conseil des droits de l'homme d'un membre de celui-ci qui aurait commis des violations flagrantes et systématiques des droits de l'homme ».

L'Assemblée générale, qui s'est déclarée « profondément préoccupée par la situation qui règne dans la Jamahiriya arabe libyenne sur le plan des droits de l'homme », a ainsi répondu à une recommandation faite vendredi par le Conseil des droits de l'homme lui-même au sujet de cette suspension.

Lors d'une séance spéciale consacrée à la situation en Libye, le Conseil des droits de l'homme, qui siège à Genève, avait également décidé de créer une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur la répression dans ce pays.

Samedi, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté des sanctions contre les autorités libyennes, incluant la saisine de la Cour pénale internationale, un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs. Dans une résolution adoptée à l'unanimité, les membres du Conseil de sécurité ont considéré que « les attaques systématiques et généralisées qui se commettent en Jamahiriya arabe libyenne contre la population civile pourraient constituer des crimes contre l'humanité ».

Lundi le Bureau du Procureur de la CPI a déclaré qu'il devait à présent décider s'il y a lieu d'ouvrir une enquête concernant d'éventuels crimes contre l'humanité commis en Libye depuis le 15 février 2011.

Devant l'Assemblée générale, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s'est félicité mardi de l'ensemble de ces actions. Il a souligné que la Charte des Nations Unies était claire : « il est de notre devoir de nous lever pour défendre les droits de l'homme, le progrès social et de meilleurs standards de vie ». « Le monde a parlé d'une même voix : nous demandons l'arrêt immédiat des violences contre les civils et le plein respect de leurs droits fondamentaux y compris la liberté de parole et d'assemblée pacifique », a-t-il ajouté.

« Un vent de changement souffle au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. De la Tunisie à l'Egypte, de Bahreïn jusqu'au Yémen et au delà, les peuples de la région demandent de nouveaux droits et de nouvelles libertés », a souligné le chef de l'ONU. « Dans mes discussions avec les dirigeants de la région, dans chaque pays, j'ai constamment exhorté à la retenue, au dialogue ouvert à tous et par-dessus tout au respect des aspirations du peuple », a-t-il conclu.

Le président de l'Assemblée générale de l'ONU, Joseph Deiss, a appelé pour sa part « à prouver que l'Assemblée générale est un instrument fort au service de la paix, la sécurité et la prospérité ».

« Nous devons être unis et résolus dans notre détermination à promouvoir les valeurs fondamentales de la Charte. C'est notre responsabilité pour chaque homme et chaque femme qui espère et qui lutte pour ses droits », a-t-il conclu.


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