Changement climatique : après Cancun 2010, les Etats doivent préparer Durban 2011

Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

1 mars 2011 – « Les gouvernements doivent mettre en œuvre rapidement ce qu'ils ont accepté en décembre à Cancún, au Mexique, passer à la prochaine grande échéance, qui est la Conférence de Durban à la fin de l'année, et clarifier l'avenir du Protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre », a déclaré mardi la Secrétaire exécutive de la Convention cadre de l'ONU sur le changement climatique (CCNUCC), Christiana Figueres, lors d'une conférence de presse à Tokyo.

En visite au Japon pour des rencontres avec des responsables gouvernementaux, des chefs d'entreprises et d'autres représentants de la société civile, Mme Figueres doit assister jeudi à des consultations informelles organisées conjointement par les gouvernements du Japon et du Brésil, pour mettre en oeuvre l'accord de Cancun et préparer la prochaine réunion de l'ONU sur le changement climatique, à Durban, en Afrique du Sud.

Devant la presse, elle a une nouvelle fois salué les résultats obtenus à Cancun, soulignant qu'ils représentaient « une avancée solide qui renforce l'action mondiale et pose les bases du plus grand effort collectif que le monde ait jamais réalisé pout réduire les émissions de gaz à effet de serre ».

Après avoir rappelé que les accords de Cancún visaient « à maintenir l'augmentation moyenne des températures mondiales en dessous de deux degrés Celsius par rapport au niveau préindustriel », Christiana Figueres a estimé que Cancun avait aussi abouti au « paquet le plus complet jamais mis en place par des gouvernements pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique ».

Elle a toutefois rappelé que « l'ensemble des promesses de réduction ou de limitation des émissions ne représentaient, selon la communauté scientifique, que 60% des efforts à fournir d'ici à 2020 pour que l'augmentation de la température mondiale reste en dessous de 2 degrés ».

Selon la presse, l'accord de Cancun, signé en décembre 2010, s'inscrit dans la logique de la conférence de Copenhague de 2009, mais ne prévoit pas clairement l'avenir du Protocole de Kyoto et des obligations qu'il pose en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce contexte, Christiana Figueres a estimé qu'à Durban les gouvernements devront « convenir d'un moyen de réduire les émissions mondiales à une vitesse environ deux fois supérieure à celle promise, et accroître les garanties de mise en œuvre des promesses faites ».

« Les gouvernements devront résoudre les questions en suspens sur l'avenir du Protocole de Kyoto. Nous devons garder à l'esprit qu'il reste le modèle international contraignant pour réduire les émissions », a-t-elle poursuivi. « Les pays ont une tâche urgente, celle de décider comment conserver les avantages uniques du protocole sur la transparence, la conformité aux objectifs nationaux fixés et les responsabilités ».

Selon la Secrétaire exécutive de la CCNUCC, l'autre grand défi de Durban est celui du financement des aides à l'adaptation et du transfert de technologie pour les pays en développement et la mise en place des nouvelles institutions chargées de gérer le fonds de compensation décidé à Cancun.

Pour la responsable onusienne, des avancées doivent être réalisées dans trois domaines essentiels. D'abord, le fonds de compensation -« Fonds vert »- doit être pleinement opérationnel et les pays industrialisés doivent s'être mis d'accord sur les moyens concrets de verser les 100 milliards de dollars annuels promis d'ici à 2020.

Deuxièmement, la CCNUCC doit recevoir les 30 milliards de dollars promis par les pays industrialisés pour la période 2010-2012. Troisièmement, les modalités de fonctionnement et de participation au mécanisme d'adaptation et de transfert de technologie créé à Cancún doivent encore faire l'objet d'un accord.

« A Durban, les personnes vulnérables et pauvres de la planète ont besoin de voir un changement réel. Les hommes d'affaires, les scientifiques et les ingénieurs qui lancent des solutions concrètes sur le terrain ont aussi besoin de sentir que le début d'une nouvelle ère d'actions internationales sur le climat a véritablement commencé », a déclaré Christiana Figueres. « A Durban, les gouvernements doivent saisir cette nouvelle étape pour accroître leurs ambitions communes de réduction des émissions mondiales. »


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