La justice sociale est le fondement de la prospérité mondiale, rappelle l’ONU

18 février 2011 – A l'occasion de la Journée mondiale de la justice sociale qui sera célébrée dimanche, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé que celle-ci constitue « le fondement de la stabilité nationale et de la prospérité mondiale » alors que le Directeur général du Bureau international du travail (BIT), Juan Somavia, a plaidé pour l'instauration « d'une nouvelle ère de justice sociale fondée sur le travail décent ».

« La justice sociale est plus qu'un impératif éthique, c'est le fondement de la stabilité nationale et de la prospérité mondiale. L'égalité des chances, la solidarité, le respect des droits de l'homme sont essentiels pour libérer complètement le potentiel productif des nations et des peuples », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU dans un message adresse à l'occasion de la Journée.

« La Journée mondiale de la justice sociale est l'occasion d'inviter tous les pays à prendre des mesures concrètes pour donner un sens aux valeurs universelles que sont la dignité humaine et l'égalité des chances pour tous. Cette année, la célébration de cette journée est placée sous le signe de la protection sociale pour tous; en effet, la protection sociale est essentielle pour bâtir des sociétés plus justes et plus équitables, où chacun trouve sa place », a-t-il ajouté.

Au moins 80% de la population mondiale ne bénéficie pas d'une protection sociale convenable. Les femmes sont particulièrement vulnérables. La mise en place d'une protection sociale minimale a un objectif clair : faire en sorte que personne ne vive au-dessous d'un certain seuil de revenu et que chacun ait accès à des services publics essentiels, tels que l'eau et l'assainissement, la santé et l'éducation, a souligné le Chef de l'ONU.

D'après de nombreuses études, cette protection sociale minimale est financièrement possible au niveau mondial. L'Organisation internationale du Travail (OIT) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) rendront public dimanche un nouveau rapport, dans lequel sont répertoriées 18 politiques innovantes de protection sociale minimale dans les pays en développement. Lors de la dernière session de la Commission du développement social qui s'est déroulée cette semaine au siège de l'ONU à New York, les États Membres ont estimé que les régimes de protection sociale constituaient un moyen de lutter contre les inégalités et l'exclusion sociale, et contribuaient ainsi à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

« Alors que nous continuons à nous battre contre les retombées de la crise financière et économique mondiale, il est plus important que jamais de relever ce défi. Pour les dizaines de millions de personnes qui ont perdu leur emploi depuis le début de la crise, la récession mondiale est loin d'appartenir au passé. C'est l'une des raisons pour lesquelles le système des Nations Unies a réagi en lançant une initiative qui prévoit la mise en place d'une protection sociale minimale », a dit Ban Ki-moon.

« La quête de la justice sociale est essentielle; elle permet de favoriser une croissance placée sous le signe de l'équité et de réduire au minimum les risques de troubles sociaux. Ensemble, relevons le défi et veillons à ce que les efforts que nous avons engagés en faveur du développement durable débouchent aussi sur la justice sociale pour tous », a-t-il conclu.

Le Directeur général du BIT, Juan Somavia, a pour sa part plaidé pour l'instauration « d'une nouvelle ère de justice sociale fondée sur le travail décent ».

« Les événements récents diffusés sur les écrans de télévision du monde entier ont mis en exergue des revendications demeurées jusque là enfouies dans les cœurs des populations: l'aspiration à mener une vie décente et le désir d'obtenir un avenir décent fondé sur la justice sociale », a-t-il souligné dans un message adressé à l'occasion de la Journée mondiale de la justice sociale.

« Pour les hommes et les femmes qui sont sans emploi ni moyens de subsistance, peu importe que leur économie connaisse un taux de croissance de 3, 5% ou 10% par an si cette croissance les marginalise et les prive de protection. Ils sont concernés par la capacité de leurs dirigeants et leurs sociétés à promouvoir des politiques porteuses d'emploi et de justice, de pain et de dignité, des politiques qui leur laissent la liberté d'exprimer leurs besoins, leurs espoirs et leurs rêves et la latitude suffisante pour élaborer des solutions pratiques où ils ne seront pas exploités », a-t-il martelé.

Selon lui, le monde du travail est dévasté : plus de 200 millions de personnes dans le monde sont sans emploi, dont près de 80 millions de jeunes, des chiffres qui atteignent, des sommets historiques. Sans compter le nombre de travailleurs en situation d'emploi vulnérable – 1,5 milliard – et les 630 millions de travailleurs pauvres qui vivent eux et leurs familles avec 1,25 dollar ou moins par jour voient leur nombre augmenter.

Le Directeur du BIT a décliné cinq grands axes qui devraient être mis en œuvre pour améliorer la situation.

Premièrement, il faudrait reconnaître que le travail n'est pas une marchandise et qu'il est source de dignité personnelle, de stabilité familiale et de paix au sein des communautés; deuxièmement, faire des objectifs de création d'emplois une composante essentielle des priorités de politique macroéconomique au même titre que la maîtrise de l'inflation et l'assainissement des comptes publics;

Pour Juan Somavia, il est nécessaire de procurer une protection sociale durable sur le plan budgétaire aux 80% de personnes qui, aujourd'hui dans le monde, sont privées de toute forme de sécurité sociale; quatrièmement, reconnaître que les droits fondamentaux au travail et le dialogue social qui relèvent du domaine de la liberté et de la dignité de l'homme sont aussi les instruments d'une meilleure productivité et d'un développement équilibré et cinquièmement, encourager l'investissement et les investisseurs dans les petites entreprises pour favoriser les marchés du travail et la formation qualifiante.

« Comme nous le montrent l'Egypte et la Tunisie, l'emploi et la justice, le pain et la dignité, la protection et la démocratie, la sécurité nationale et mondiale ne sont pas des revendications isolées. Ce que nous réserve l'avenir dépend pour beaucoup du fait que l'interdépendance de ces besoins sera reconnue et prise en compte. C'est le travail décent qui permet d'établir le lien entre ces aspirations », a-t-il conclu.

En 2010, l'ONU a adopté la Déclaration de l'Organisation internationale du Travail sur la justice sociale pour une mondialisation équitable. Cette déclaration vise essentiellement à garantir à tous des conditions de vie équitables grâce à l'emploi, à la protection sociale, au dialogue social et au respect des principes et des droits fondamentaux au travail.


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