Le HCR met en place un nouveau camp de déplacés à l'ouest de la Côte d'Ivoire

Un poste d’observation de l’ONU en Côte d’Ivoire.

15 février 2011 – Alors que la Côte d'Ivoire est toujours dans l'impasse politique, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) a entamé lundi le défrichage d'un terrain à l'ouest du pays pour y établir un nouveau camp et y accueillir les déplacés qui fuient les tensions ethniques et les violences postélectorales depuis décembre dernier. Ce nouveau camp pourra accueillir environ 6.000 personnes. Le HCR dénombre déjà 38.600 déplacés dans le pays.

« Les conditions humanitaires se sont détériorées du fait d'un manque d'abris et nous espérons que le nouveau camp allégera le fardeau, surtout pour les personnes les plus vulnérables. Le nouveau camp est situé près de la ville de Duékoué et aura une capacité d'hébergement de plus de 6.000 personnes, ce qui permettra de désengorger la mission catholique située à proximité où un grand nombre de déplacés ont trouvé refuge », a déclaré mardi la porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse.

« Les pluies torrentielles de la semaine dernière ont détruit de nombreux abris de fortune dans l'enceinte de la mission, ce qui nous a conduit à fournir des tentes aux familles les plus vulnérables. Un grand nombre des déplacés survit grâce à la générosité des familles locales et des organisations caritatives, surtout à Duékoué », a-t-elle ajouté.

Dans les districts de Danané, Binhouye et Zouan-Hounien, plus de 8.600 déplacés sont accueillis par des familles locales dont certaines abritent jusqu'à 25 personnes. Le HCR recherche d'autres sites pour faire face à l'affluence des populations. La plupart des déplacés sont concentrés dans l'ouest du pays et ont fui leurs villages à la mi-décembre et début janvier, principalement à cause des tensions ethniques et de la violence qui ont suivi les élections présidentielles de novembre dernier.

« A Duékoué, les déplacés ont expliqué à nos équipes qu'ils ne pouvaient pas rentrer chez eux car leurs maisons avaient été réduites en cendres et leurs biens pillés. Certains déplacés dans l'ouest ont également fait état de violences physiques et sexuelles ainsi que de détention arbitraire par des groupes armés agissant en toute impunité », a expliqué la porte-parole du HCR.

« La crainte de représailles, combinée avec l'absence ou la paralysie des institutions judiciaires, empêche une grande partie des déplacés de porter plainte contre ces abus. Le HCR reste préoccupé par l'impasse politique qui crée une psychose. Ce blocage politique, s'il n'est pas résolu, pourrait causer un déplacement à grande échelle », a-t-elle précisé.

Les civils restent « traumatisés par les récents désordres, qui rappellent la guerre civile de 2002 », estime le HCR qui souligne qu'un « grand nombre de familles ont quitté leur maison par anticipation d'une possible attaque ».

« Ils nous ont expliqué leur crainte d'être pris au piège en cas d'une reprise de la guerre. Ils n'envisagent le retour chez eux que lorsque l'impasse politique sera résolue et que leur sécurité sera garantie », a conclu Melissa Fleming.

Parallèlement, les tensions continuent à pousser des familles vers la frontière avec le Libéria alors que d'autres continuent de la traverser. Le HCR a déjà enregistré 36.318 réfugiés au Libéria.


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