Australie : l'aide au développement doit privilégier les droits de l'homme, selon l'ONU

Cephas Lumina.

14 février 2011 – L'expert indépendant de l'ONU sur les effets de la dette extérieure sur les droits de l'homme, Cephas Lumina, a exhorté le Gouvernement australien à aller au-delà de son intérêt national et à adopter une approche cohérente dans sa politique et ses programmes d'aide extérieure, pour assurer un développement durable à tous les pays bénéficiaires et leur permettre de s'acquitter de leurs obligations en matière de droits de l'homme.

« Une approche fondée sur les droits de l'homme ne permettrait pas seulement d'améliorer l'efficacité des programmes d'AUS-AID, mais contribuerait également à obtenir des résultats plus durables », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse concluant sa visite en Australie.

S'il a souligné que l'objectif premier d'AUS-AID était « d'aider les pays en développement à réduire la pauvreté et à parvenir au développement durable, conformément aux intérêts de l'Australie », il a toutefois noté que « bien que certains programmes participent directement ou indirectement à la promotion des droits de l'homme, AUS-AID n'a pas une politique spécifique exigeant que tous ses programmes soient compatibles avec une approche fondée sur le droit au développement ».

« L'actuel contrôle de l'efficacité de l'aide est une occasion inestimable de faire en sorte que les droits humains deviennent un objectif fondamental des programmes de développement australiens », a poursuivi Cephas Lumina, estimant que l'aide au développement australien devait « non seulement de soutenir le renforcement des capacités des administrations des pays bénéficiaires », mais aussi consacrer « plus d'efforts au soutien des organisations locales de la société civile, qui jouent un rôle vital en assurant la participation du public ».

Devant la presse, l'expert indépendant s'est par ailleurs félicitée de l'engagement pris par le gouvernement australien d'accroître l'aide au développement de 0,5% du PIB d'ici à 2015. Il a également exhorté le pays à « adopter une feuille de route claire pour la réalisation de l'objectif internationalement convenu de 0,7% du PIB ».

« L'aide au développement ne doit pas être utilisée comme un moyen d'inciter les pays insulaires du Pacifique à conclure des accords de libre-échange », a déclaré Cephas Lumina, se référant aux négociations en cours dans la région pour la signature d'accords de libre échange. « Les programmes d'aide de l'Australie devraient être guidés par les besoins des communautés bénéficiaires, plutôt que de se concentrer sur les intérêts nationaux de l'Australie », a-t-il insisté.

Après sa visite en Australie, l'expert indépendant du Conseil des droits de l'homme de l'ONU est arrivé lundi aux Îles Salomon. Pendant 3 jours, il va se pencher sur l'impact de la dette extérieure de l'Etat sur les droits de l'homme, le droit au développement et les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Il évaluera également le rôle de l'aide au développement dans les négociations commerciales en cours dans la région. Il présentera un rapport préliminaire sur sa visite en Australie et aux Îles Salomon au Conseil des droits de l'homme en juin prochain.


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