Haïti confronté à une épidémie de choléra, l'ONU déploie une aide d'urgence

Une jeune femme dans un abri de fortune à Tabarre, un quartier de Port-au-Prince.

22 octobre 2010 – Les Nations Unies ont commencé à mobiliser des équipes médicales d’urgence face à une épidémie de choléra qui frappe Haïti, a déclaré vendredi la Sous Secrétaire générale de l'ONU chargée des Affaires humanitaires, Catherine Bragg, qui vient d’effectuer une mission de trois jours dans ce pays.

« Selon le gouvernement, plus de 1.500 cas ont été confirmés et 138 morts ont été enregistrés. Sur demande du gouvernement haïtien et des autorités locales, la communauté humanitaire a commencé à répondre dès que le premier cas suspect a été découvert », a dit Catherine Bragg lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU, à New York.

Les agences de l’ONU et leurs partenaires ont mobilisé des équipes médicales d'urgence et distribué plus de 10.000 tablettes de purification de l'eau, la maladie se transmettant notamment par voie hydrique.

« Mourir du choléra est évitable, et nous faisons tout ce que nous pouvons pour assister les autorités haïtiennes et prévenir d’autres décès. L’ensemble des agences de santé en Haïti ont un stock cumulé de 300.000 traitements antibiotiques prêts à être distribués », a souligné Catherine Bragg qui se dit confiante sur la capacité à répondre rapidement.

La Sous Secrétaire générale des Affaires humanitaires a également précisé que l’épicentre de l’épidémie ne se trouvait pas dans la zone gravement touchée par le tremblement de terre du 12 janvier dernier.

L’épicentre de l’épidémie de choléra « ne se trouve pas à proximité des camps de déplacés liés au séisme ». « La propagation de la maladie peut aussi être évitée en utilisant de l’eau potable, du savon et en améliorant l’assainissement », a-t-elle indiqué.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour sa part prélevé « plusieurs échantillons de selles » dont « les résultats sont attendus ultérieurement » afin de confirmer où d’infirmer la présence de choléra, a fait savoir la porte-parole de l'OMS, Fadela Chaib. « La communauté humanitaire doit continuer à travailler en étroite coopération avec les autorités locales afin de fournir une assistance pour répondre à cette épidémie », a-t-elle ajouté.

Le choléra est une infection intestinale aiguë due à l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés. La durée d'incubation est courte, de moins d'un jour à cinq jours. Le bacille provoque des diarrhées pouvant aboutir rapidement à une déshydratation sévère et à la mort du sujet si le traitement n'est pas administré rapidement. La plupart des patients présentent aussi des vomissements.

L'OMS estime qu'à l'échelle mondiale, le choléra reste toujours une menace et il est l'un des principaux indicateurs du développement social.

Sur la situation générale du pays, Catherine Bragg, a déploré les conditions de vie des 1,3 million de déplacés qui vivent toujours dans des camps. « Nous devons être réaliste sur le temps que prendra la réinstallation de tout le monde », a-t-elle dit en expliquant qu’en 2011 Haïti aurait besoin d’un renforcement et d’une accélération de l’aide humanitaire. « Nous relancerons un appel humanitaire en janvier prochain », a-t-elle annoncé.


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