Ban Ki-moon appelle la Conférence du désarmement à bâtir un monde plus sûr

Sculpture symbolisant le désarmement devant le siège de l’ONU à New York.

24 septembre 2010 – « Nous croyons que le système multilatéral de désarmement devrait produire plus et plus rapidement ; seule la volonté politique des États membres peut le permettre », a estimé vendredi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, lors d'une réunion au siège des Nations Unies à New York sur la revitalisation des travaux de la Conférence du désarmement.

Organisée en marge de la 65ème Assemblée générale, la réunion s'est aussi penchée sur la manière de faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement.

Ban Ki-moon a rappelé à ce propos les récents progrès réalisés, notamment les initiatives multilatérales et bilatérales, comme le nouveau traité sur la limitation et la réduction des armements stratégiques offensifs (START) signé par les États-Unis et la Fédération de Russie.

« Nous avons construit une dynamique importante. Cet élan a été durement acquis et nous devrions continuer en nous appuyant sur les succès récents », a-t-il ajouté, avant de souligner toutefois qu'il restait « beaucoup à faire, tant dans le domaine des armes de destruction massive que des armes conventionnelles ».

« Les prochaines années seront critiques. Nous pouvons continuer d'aller de l'avant sur la non-prolifération nucléaire et le désarmement, ou prendre le risque de revenir en arrière », a encore expliqué le Secrétaire général.

Il a en particulier appelé à avancer les travaux de la Conférence du désarmement, qu'il a qualifié de « cadre incontesté des efforts internationaux du désarmement ».

La Conférence du désarmement (CD) est une instance de l'ONU créée en 1979 pour négocier les questions de désarmement au niveau international. Elle est déjà à l'origine de plusieurs accords multilatéraux majeurs, comme le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (CABT), la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques (CIAC), ou encore le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN).

Après dix ans de blocage, elle a finalement adopté en 2009 un nouveau programme de travail, mais est restée incapable de le mettre réellement en œuvre depuis.

« En étant l'organe centrale et unique des négociations du désarmement, la CD doit être en mesure de surmonter l'impasse actuelle », a déclaré de son côté le Président de l'Assemblée générale, Joseph Deiss, en ouverture de la réunion.

Il a également estimé qu'il était essentiel de renforcer les mécanismes onusiens de désarmement afin que l'ONU remplisse son rôle dans ce domaine. Il a notamment regretté que le programme de travail de la CD se penche sur différents aspects du désarmement et de la non-prolifération. Selon lui, ces questions devraient faire l'objet d'une « approche intégrée » et non de manière sélective, en choisissant tel ou tel aspect seulement du désarmement.

« Mon espoir est que le soutien politique que nous avons tous apporté à la Conférence du désarmement ici aujourd'hui, autant que les propositions concrètes qui ont été faites ici pour la revitaliser, puisse se traduire par des avancées réelles en vue de réaliser notre objectif commun de bâtir un monde exempt d'armes nucléaires », a souligné Joseph Deiss.

« Nous avons une occasion collective de construire un monde plus sûr, saisissons-la. Les bénéfices de la non-prolifération et du désarmement sont incontestés, débloquons la situation. Maintenant. Aujourd'hui », a appelé pour sa part Ban Ki-moon.


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