UNESCO : la moitié des enfants roms d'Europe n'achèvent pas les études primaires

L'ancienne directrice de l'UNICEF Ann Veneman avec des enfants Roms lors d'une visite en Albanie.

24 septembre 2010 – Avec plus de 10 millions de membres, les Roms forment la première minorité ethnique en Europe. En dépit des efforts pour développer et améliorer leur accès à l'éducation, la moitié des enfants roms d'Europe n'achèvent pas les études primaires, selon un rapport qui sera examiné lors de la première Conférence mondiale sur l'éducation et la protection de la petite enfance (Moscou, 27-29 septembre).

Ce rapport intitulé « Rapport régional sur l'éducation et la protection de la petite enfance : Europe et Amérique du Nord » est l'un des cinq rapports régionaux préparé en vue de cette conférence, organisée conjointement par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), la Fédération de Russie et la Ville de Moscou.

« Les enfants sont notre ressource la plus précieuse, et l'éducation, un droit fondamental », a déclaré Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO, avant la réunion de Moscou. « Leur dénier ce droit, c'est encourager la pauvreté et l'exclusion, provoquer des inégalités inacceptables et nourrir les tensions sociales. Saisissons l'occasion que nous offre cette conférence pour réaffirmer et intensifier notre engagement en faveur d'un départ sain et heureux dans la vie pour tous les enfants, y compris et surtout ceux qui sont laissés pour compte. Nous avons tous à y gagner ».

Comme le souligne le Rapport régional pour l'Europe et l'Amérique du Nord, « de toutes les populations européennes, les Roms sont la plus exposée à la pauvreté, à l'ignorance et au chômage ». Le document se réfère aux enquêtes d'opinion menées au niveau tant national qu'européen, qui montrent que de nombreux citoyens européens ont une vision négative des Roms, souvent le fruit de stéréotypes et de préjugés séculaires.

« Pour mettre un terme à l'exclusion des Roms et à leur perpétuel dénuement », estime le Rapport, « les gouvernements doivent appliquer en amont des politiques en matière budgétaire, sociale et d'emploi qui s'attaquent à la pauvreté des familles et assurent aux jeunes enfants un bon départ dans la vie ».

L'UNESCO et le Conseil de l'Europe mettent la dernière main à des principes directeurs destinés aux responsables politiques, qui visent à faire respecter le droit des enfants roms à une éducation de base, en mettant l'accent sur un meilleur accès aux services de la petite enfance et sur la transition vers un enseignement primaire de qualité. Ce document, intitulé « L'inclusion des enfants roms et des gens du voyage dans les services d'éducation de la petite enfance », devrait largement contribuer à ce que ces populations réalisent leur droit à une éducation de la petite enfance fructueuse et de qualité, et à un passage harmonieux vers l'école primaire.

L'UNESCO est également cosignataire de la Task force internationale sur l'éducation des Roms (ITFER) chargée de développer et de coordonner les différentes initiatives internationales consacrées à la question spécifique de l'éducation des Roms, des Sintis et des gens du voyage (éducation et protection de la petite enfance, scolarisation, apprentissage non scolaire, formation professionnelle, éducation des adultes, etc.). Elle tiendra sa première réunion à Strasbourg, en France, les 28 et 29 octobre prochains.


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