Ban Ki-moon : protéger la biodiversité est crucial pour le développement

22 septembre 2010 – « La conservation des espèces de la planète et des habitats est essentielle au développement durable et à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement », a souligné le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en ouverture d'une réunion de haut niveau organisée mercredi à l'Assemblée générale de l'ONU.

Devant les Etats membres, Ban Ki-moon a rappelé que cette année 2010 n'était pas seulement l'Année de la biodiversité, mais aussi l'échéance que s'était fixée la communauté internationale pour réduire significativement le taux de disparition de la biodiversité.

« Les objectifs de 2010 n'ont pas été atteints », a-t-il regretté, soulignant qu'au contraire, la destruction de la biodiversité continuait de s'accélérer.

Principales causes de cette destruction continue du patrimoine biologique de la planète, la déforestation, les changements de mode d'habitat, la dégradation des terres ou le changement climatique.

« La science nous le dit, nos actions provoquent l'extinction des espèces à une vitesse mille fois plus rapide que la tendance naturelle », a poursuivi le Secrétaire général.

« Trop de gens continuent de ne pas réaliser l'implication de ces destructions. Beaucoup pensent que la terre est notre planète, que nous l'exploitons comme on le veut », a ensuite estimé Ban Ki-moon, avant de dénoncer « des arguments qui trahissent une ignorance affligeante de l'importance des écosystèmes pour notre bien-être et notre espèce, pour la régulation du climat, pour l'approvisionnement en eau, pour la sécurité alimentaire ».

Pour le patron de l'ONU, la communauté internationale doit maintenant montrer les bénéfices des investissements dans la protection de la diversité biologique, qui serviront aussi à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement.

« La crise financière a été un signal d'alarme pour les gouvernements. La crise de la biodiversité n'est pas différente. Nous sommes en train de plonger nos ressources naturelles dans la banqueroute, nous avons besoin d'un plan de relance avant qu'il ne soit trop tard », a encore indiqué le Secrétaire général.

Ce plan de relance, ce sera le mois prochain à Nagoya, au Japon, qu'il sera défini, selon Ban Ki-moon, lors de la rencontre des 193 Etats parties la Convention sur la biodiversité biologique.

Les pays doivent en effet y adopter un Plan stratégique sur la biodiversité, intégrant aussi des objectifs précis à atteindre pour réduire les destructions d'ici à 2050.

« C'est un plan solide sur le papier, mais qui nécessitera des leaders pour le mettre en œuvre. Pas seulement des ministres de l'environnement, mais aussi des ministres des finances, de la planification, de l'économie, des transports, de la santé », a souligné Ban Ki-moon, avant d'appeler « à cesser de voir la protection de l'environnement comme un cout ».

« Investir pour maintenir et restaurer nos écosystèmes, nos infrastructures naturelles, peut apporter des gains économiques qui se chiffrent en centaines de milliards. Les laisser dépérir, c'est jeter de l'argent par les fenêtres », a conclu Ban Ki-moon qui a appelé tous les responsables politiques à s'engager réellement dans la protection de la diversité biologique ».

Dans son allocution, le Président de l'Assemblée générale, Joseph Deiss, s'est aussi fait l'écho de cet appel de Ban ki-moon. « Nous ne pouvons plus ignorer la destruction continue des écosystèmes, qui non seulement nous fournissent notre nourriture et nos médicaments, mais offrent aussi à l'humanité son bien-être. Des stratégies existent pour protéger et préserver notre planète riche en biodiversité. Nous avons besoin maintenant que les pays mettent en œuvre ces stratégies », a-t-il déclaré.


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