L'ONU envoie des experts pour endiguer la propagation du saturnisme au Nigéria

Des enfants au Nigéria.

21 septembre 2010 – Alors que depuis mars 2010 une flambée de saturnisme liée à l'extraction de l'or à partir de minerais riches en plomb frappe des centaines d'enfants de l'État du Zamfara, au Nigéria, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a envoyé sur place une équipe d'experts chargée de procéder à une série d'analyses scientifiques et de conseiller les autorités nigérianes sur les mesures à prendre pour endiguer ce fléau.

Les premiers symptômes d'empoisonnement au plomb sont apparus au début de l'année 2010, suivis rapidement du décès de dizaines d'enfants. Il a fallu quelques semaines pour en trouver la cause, des intoxications aiguës au plomb contenu dans les minerais utilisés dans les activités artisanales de transformation de l'or, qui se déroulent le plus souvent dans ce pays, à l'intérieur de maisons.

Les autorités nigérianes ont depuis commencé la décontamination des zones affectées, et demandé le soutien de l'ONU et de ses agences.

Après le déblocage d'une aide de 2 millions de dollars par le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires de l'ONU (CERF), le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a envoyé une équipe de cinq experts.

Arrivé sur place lundi, elle restera jusqu'au 7 octobre, avec la tâche de procéder à des prélèvements et des analyses dans les zones contaminées, pour déterminer ensuite la meilleure réponse à apporter pour endiguer la propagation de cette contamination appelée saturnisme.

« Les principales agences internationales impliquées dans le volet médical de la mission sont Médecins sans Frontières-Hollande, en collaboration avec l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) au Nigéria », a indiqué OCHA dans un communiqué publié mardi.

L'agence précise aussi que « la décontamination est entreprise par deux sociétés privées, Blacksmith Institute et TerraGraphics Environmental Engineering, ainsi que les autorités locales et le ministère de l'Environnement ».

En juillet, une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur un échantillonnage aléatoire de 56 enfants de moins de 5 ans avait déjà révélé que des concentrations de plomb dans le sang suffisamment élevées pour nécessiter un traitement médical avaient été identifiées sur 90% des enfants. Pour 70 % d'entre eux, les concentrations étaient même tellement élevées qu'elles nécessitaient un traitement d'urgence.

A l'heure actuelle, MSF fournit des traitements à une centaine d'enfants, au sein de deux unités spécialement installées dans des hôpitaux de l'État du Zamfara. L'OMS a également aidé à mettre en place un service de laboratoire pour doser les concentrations de plomb dans le sang et développé des formations à la surveillance et la prise en charge des malades pour le personnel de santé.


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