Pas de développement sans droits de l'homme, rappelle Navi Pillay

Navi Pillay.

20 septembre 2010 – Alors que les dirigeants du monde entier sont réunis à New York pour voit comment accélérer la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), la Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a estimé que les pays à même d'y parvenir seraient ceux qui inscrivent la protection des droits humains dans leurs politiques de développement.

« Les dirigeants du monde ont fait de nombreuses promesses dans le passé, mais malheureusement elles sont restées lettre morte », a souligné Navi Pillay devant les Etats membres. La Haute commissaire a estimé que les gouvernements devaient maintenant respecter les obligations et les responsabilités qu'ils ont tous acceptées en droit international, afin que leurs engagements se traduisent dans les faits.

Elle a en particulier insisté sur le potentiel du huitième OMD, qui prévoit la mise en place d'un partenariat mondial pour le développement, qui doit créer selon elle « une nouvelle donne, dans laquelle les pays riches et pauvres conviennent d'unir leurs efforts au sein d'un pacte mondial sans précédent pour la réduction de la pauvreté ».

« Comment pouvons-nous veiller à ce que la promesse de l'OMD n°8 soit remplie? », s'est-elle ensuite interrogée à la tribune de l'ONU, rappelant que la plupart des promesses contenues dans le document final du Sommet pour accélérer les progrès vers la réalisation des OMD n'étaient « pas nouvelles », mais n'avaient « jamais été mises en œuvre ».

« Le fort accent mis sur les droits de l'homme dans le projet de document final peut répondre à certaines critiques », a-t-elle toutefois poursuivi, soulignant que ce document contenait un certain nombre de références explicites aux droits de l'homme, y compris le droit au développement, afin de s'assurer que la mise en œuvre des OMD se fasse en conformité avec les obligations des États dans le domaine des droits de l'homme.

« Actuellement, avec l'accent mis sur les moyens et les objectifs, les OMD négligent encore de larges segments de la population mondiale », a regretté Navi Pillay.

L'OMD n°1 vise par exemple à réduire de moitié la proportion de personnes souffrant de la faim, mais même si cet objectif est atteint, il resterait encore plus de 400 millions de personnes affamées. Certains groupes de personnes, comme les enfants, les femmes ou les minorités, sont par ailleurs victimes de discriminations et sont de plus en plus laissés pour compte, en particulier parce que les politiques de développement ne leur bénéficient pas.

« Des principes des droits humains, tels que l'égalité, la non-discrimination et la participation significative de tous, peuvent assurer plus d'efficacité à l'aide gouvernementale et aux politiques de développement », a donc défendu la Haute Commissaire.

« Les partenariats mondiaux pour atteindre les OMD devraient donc explicitement donner la priorité aux besoins et aux droits des populations les plus pauvres et les plus marginalisées, et déboucher sur des mesures positives pour une vraie égalité des chances », a-t-elle encore ajouté, avant d'expliquer que le document final du Sommet contenait de nombreuses illustrations de cette approche inclusive des droits de l'homme, notamment avec la reconnaissance que « tous les États membres sont tenus de respecter les droits de l'homme internationalement reconnus dans leurs politiques de développement et d'aide ».


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