Développement et gouvernance, priorités de l'Assemblée générale

Joseph Deiss, Président de la 65e session de l’Assemblée générale.

14 septembre 2010 – Inaugurant mardi la 65e session de l'Assemblée générale de l'ONU, le nouveau président de cette institution, Joseph Deiss, a estimé que la réponse de la communauté internationale à la crise économique et financière avait confirmé l'importance du multilatéralisme.

« Le monde se relève lentement de la crise économique et financière. Ce contrecoup récent ne doit pas nous décourager », a dit Joseph Deiss à la tribune. « Au contraire, la réponse de la communauté internationale à la crise nous montre que le multilatéralisme compte ».

Estimant ensuite que prévalait « trop souvent dans l'opinion publique, l'image d'une Assemblée générale impuissante, simple moulin à paroles, sans retombées concrètes », il a souhaité que cette 65ème session soit l'occasion d'en faire « un lieu de convergence des forces et des institutions ».

« Je souhaite que cette session soit à la hauteur des grandes attentes placées en nous. Nous avons une obligation de résultats. Les questions dont nous avons à débattre sont trop graves pour que ceci ne soit pas notre motivation première », a-t-il déclaré.

Joseph Deiss a ensuite mis l'accent sur les trois grands thèmes en tête de l'agenda de la session qui s'ouvre aujourd'hui : avancée des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), renforcement de la gouvernance mondiale et promotion du développement durable.

Sur les OMD d'abord, il a rappelé la tenue la semaine prochaine au siège de l'ONU, à New York, d'un Sommet spécialement consacré à cette question et au renouvellement des engagements politiques et financiers pour parvenir à réaliser les huit OMD d'ici à 2015.

« Malgré la crise économique, les OMD sont à notre portée. Il faut en particulier combler les retards dans la lutte contre la faim, la mortalité infantile et la santé maternelle. C'est possible », a-t-il insisté, souhaitant que sortent du Sommet de la semaine prochaine « une volonté sincère et un véritable plan d'action, qui garantissent l'objectif ambitieux que la communauté internationale s'est fixé en l'an 2000 ».

Evoquant ensuite la gouvernance mondiale, Joseph Deiss a souhaité que l'ONU et l'Assemblée générale soient replacées au centre de ce concept, car « les problèmes auxquels nous faisons face aujourd'hui ont acquis une dimension mondiale et requièrent des solutions globales ».

« Nous devons prôner une ONU forte, inclusive et ouverte », a-t-il insisté, avant de souhaiter que les réformes internes à l'organisation connaissent des avancées décisives pendant l'année à venir.

« La réforme du Conseil de sécurité reste un dossier important. Nous sommes tous conscients de sa nécessité. D'autres questions institutionnelles seront aussi revues, comme le fonctionnement du Conseil des droits de l'homme et de la Commission de consolidation de la paix », a-t-il ajouté.

Troisième domaine qui occupera un large place dans l'agenda de cette 65ème Assemblée générale, la promotion du développement durable.

« Changement climatique, vulnérabilité aux catastrophes naturelles, menaces à la biodiversité ne sont que quelques-uns des défis environnementaux qui affectent tous les Etats et qui demandent un effort concerté de tous les pays », a insisté Joseph Deiss, avant d'estimer « fondamental de renforcer la prise de conscience de la nécessité d'avoir des structures économiques plus respectueuses de l'environnement et des générations futures ».

Il a notamment rejeté l'idée selon laquelle l'« économie verte » qui doit se mettre en place sur la planète créerait une « nouvelle conditionnalité » à l'aide au développement. Pour Joseph Deiss, c'est « une opportunité », celle « d'assurer un développement qui soit durable, pour le bien de notre planète, pour notre bien, celui de nos enfants et de nos petits-enfants ».

Avant de conclure, en rappelant aux Etats Membres que « c'est la coopération internationale et l'amitié entre les peuples qui permettront de progresser dans le domaine des droits de l'homme, du développement, de l'aide humanitaire, du désarmement, de la lutte contre le terrorisme, de la santé et de l'environnement », le nouveau président de la 65ème session a rendu hommage à son prédécesseur, Ali Treki, « pour son engagement personnel au service de l'ONU ».

Plus tôt dans la journée, ce dernier avait prononcé son discours de clôture de la 64ème session de l'Assemblée générale, en saluant notamment « les engagements forts et le soutien des chefs d'Etats au dialogue, au multilatéralisme et à l'action collective » de l'ONU. Ali Treki a également rappelé quelques unes des réalisations ou avancées sous sa présidence : la préparation du Sommet sur les OMD, l'année mondiale de la biodiversité, le débat de haut niveau sur les opérations de maintien de la paix de l'ONU et leur réorganisation, le lancement des réformes du Conseil des droits de l'homme, les travaux du Groupe de travail sur la mis en œuvre des dispositions issues de la Conférence de l'ONU de 2009 sur la crise financière.

Il a également rappelé les réponses rapides de l'Assemblée générale lors des catastrophes majeures de l'année écoulée, du tremblement de terre à Haïti aux inondations dramatiques au Pakistan.


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