Libéria : les progrès vers la paix freinés par les divisions politiques et sociales

Des enfants du Libéria.

20 août 2010 – Le Libéria poursuit résolument son avancée sur la voie de la consolidation de la paix et de la sécurité. Néanmoins, certains facteurs de déstabilisation potentiels, comme la persistance de divisions politiques et sociales, ont freiné le processus de réconciliation nationale, et le sentiment général que l'impunité prévaut continue de menacer les gains obtenus jusqu'ici, estime le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un rapport publié vendredi.

« Comme le montrent les événements qui se sont produits dans les comtés de Lofa et de Maryland, la population ne compte guère sur l'État pour faire régner la justice et de fréquentes flambées de violence compromettent le rétablissement général de l'ordre public », écrit M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité et qui porte sur les principaux faits nouveaux survenus depuis février 2010.

Il note que les institutions responsables de la sécurité continuent de se développer et de progresser, mais qu'elles n'ont pas encore la capacité de faire face aux incidents sans l'aide de la Mission des Nations Unies au Liberia (MINUL), en particulier à l'extérieur de Monrovia. « Le renforcement du secteur de la sécurité doit impérativement devenir une priorité essentielle du gouvernement et de la communauté internationale si l'on veut que ces institutions deviennent indépendantes et opérationnelles, et qu'elles disposent notamment de moyens suffisants », écrit-il.

Selon le Secrétaire général, les élections de 2011 seront pour le Libéria une étape décisive qui permettra de tester la capacité des institutions nationales. Les longs retards pris dans l'adoption d'une législation fixant le seuil de population pour le découpage des circonscriptions ont grandement freiné l'indispensable planification des élections de

2011.

Le rapport final de la Commission Vérité et réconciliation et les recommandations qui y figurent ont donné lieu au Libéria à un intense débat sur la manière de traiter les atrocités commises dans le passé et de s'attaquer aux causes profondes du conflit qui déchire le pays. Le Secrétaire général demande au gouvernement d'établir un plan en concertation avec toutes les parties prenantes en vue de donner suite à ces recommandations dans le cadre des efforts globaux pour promouvoir la réconciliation nationale.

Ban Ki-moon se félicite du travail qui a été accompli à ce jour pour combattre la corruption au Libéria, mais il juge qu'il faut aller plus loin encore et prendre des mesures pour appliquer les recommandations, en engageant des poursuites si besoin est. « Le sentiment général que la corruption est tolérée par le gouvernement, sans être nécessairement de son fait, affaiblit sa crédibilité et compromet les importants efforts de développement. La lutte contre la corruption n'est pas encore gagnée et doit être poursuivie avec vigueur par les autorités libériennes, avec le soutien de la communauté internationale », écrit-il.

Concernant la MINUL, à l'heure actuelle, les troupes déployées dans tout le Libéria totalisent 7.952 hommes, auxquels s'ajoutent 150 soldats affectés au Tribunal spécial pour la Sierra Leone à Freetown. La composante de police a maintenu son effectif au niveau autorisé de 1.375 personnes.

Ban Ki-moon recommande que les effectifs militaires et de police soient maintenus à leur niveau actuel jusqu'au lendemain des élections de 2011. De même, il juge nécessaire que la garde militaire qui est déployée au Tribunal spécial pour la Sierra Leone à Freetown, demeure elle aussi en place jusqu'à ce que le Tribunal ait achevé sa mission. En conséquence, il recommande que le Conseil de sécurité proroge le mandat de la MINUL, à son niveau d'effectif actuel, pour une période d'un an, jusqu'au 30 septembre 2011.


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