Centrafrique : deux solutions proposées pour lutter contre l'insécurité au nord-est

Une jeune mère et sa fille en République centrafricaine.

10 août 2010 – Il est urgent de trouver une solution « pour combler le vide sécuritaire » au nord-est de la République Centrafricaine après le retrait de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT), a estimé mardi le Représentant spécial de la Mission, Youssef Mahmoud, devant le Conseil de sécurité.

« La menace envers les civils, les déplacés, les réfugiés et les travailleurs humanitaires au nord-est de la République centrafricaine (RCA) reste réelle », a déclaré Youssef Mahmoud devant les 15 membres du Conseil de sécurité.

« Le manque de progrès durables dans le lutte contre les menaces à la sécurité au nord-est de la RCA est principalement le résultat de la faible présence de ses forces armées et le manque de moyens et de logistique pour ses opérations », a-t-il ajouté.

Le Représentant spécial de l'ONU pour la MINURCAT a proposé deux options envisagées par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans son dernier rapport, afin de tenter de mettre un terme à cette insécurité.

La première option prévoit le déploiement d'environ 1.000 personnes supplémentaires, militaires et civiles, afin de limiter l'insécurité jusqu'à ce que la RCA développe « les capacités adéquates pour assumer ce rôle de dissuasion ». Le déploiement d'une telle force de maintien de la paix des Nations Unies « demanderait un minimum de six mois » et le coût de cette opération est estimé « entre 98 et 122 millions de dollars par an », a indiqué Youssef Mahmoud.

La seconde option se concentrerait sur « le renforcement à long et moyen terme des capacités de la RCA pour assurer la sécurité et l'Etat de droit, couplé avec des mesures immédiates de renforcement des Forces armées centrafricaines dans le nord-est », a dit le Représentant spécial de la MINURCAT.

Cette solution nécessiterait également le déploiement d'une force conjointe en charge de patrouiller le long des frontières de la RCA et du Tchad et du Soudan. L'assistance destinée au renforcement des capacités de l'Etat pourrait être fournie par une aide bilatérale ou multilatérale notamment au travers de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) avec le soutien de l'Union africaine (UA), a expliqué Youssouf Mahmoud. Il a souligné que lors de contacts préliminaires des membres de l'UA et de la CEDEAO avaient exprimé qu'ils étaient prêts à examiner cette option.

Le président de la République Centrafricaine, François Bozizé, a signalé sa préférence pour la seconde option, a indiqué le Représentant spécial.

Youssef Mahmoud a également souligné les importants efforts déployés par le gouvernement du Tchad pour combler la première vague de retrait des soldats de la MINURCAT déployés dans le pays. « Le gouvernement du Tchad n'a ménagé aucun effort pour assumer, graduellement, sa responsabilité pour la protection des civils. Lorsqu'il s'est avéré nécessaire, des actions vigoureuses ont été prises », a estimé le Représentant spécial.

Le 25 mai dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a voté la résolution 1923 qui prévoit la fin de la MINURCAT au 31 décembre 2010. Le retrait graduel des composantes militaire et civile ont débuté à la fin du mois de mai et la responsabilité de la protection des réfugiés et des déplacés internes a été progressivement transférée au gouvernement tchadien.

Adoptée à l'unanimité, la résolution 1923 prévoit la réduction des effectifs de la MINURCAT de 3.300 à 2.200 Casques bleus (1.900 au Tchad et 300 en RCA) d'ici au 15 juillet. La seconde phase de retrait débutera le 15 octobre et au 31 décembre 2010, tout le personnel civil et militaire de le MINURCAT aura quitté le territoire tchadien.

La MINURCAT a intensifié son travail avec la police tchadienne, notamment le Détachement intégré de Sécurité (DIS) en charge de la protection des réfugiés et des personnes déplacées dans l'est du pays, pour lui transférer la responsabilité de la sécurité, l'assister dans la relocalisation de certains camps de réfugiés et assurer la liaison et l'échange d'informations avec les acteurs nationaux, régionaux et internationaux.

« Le DIS a fait des avancées considérables, avec les autres forces de sécurité, pour assumer la protection de l'espace humanitaire », s'est félicité Youssef Mahmoud. « Cependant, beaucoup reste à faire par le gouvernement et la MINURCAT pendant les derniers mois de la Mission. De nombreux défis restent à surmonter. La pérennisation du DIS sera un processus long et laborieux, qui demandera toute l'attention du gouvernement et de ses partenaires », a-t-il prévenu.

Environ 70 organisations non gouvernementales internationales continuent à fournir une aide aux 255.000 refugiés soudanais et aux 168.000 déplacés dans l'est du Tchad et au 64.000 refugiés de RCA au sud-est du Tchad.

La MINURCAT a été créée en 2008, pour faire face à l'augmentation des troubles dans l'Est du Tchad.


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