Ban au G20 : lutter contre la pauvreté est la clé de la reprise économique

Une famille confrontée à l’insécurité alimentaire en Ethiopie.

21 juin 2010 – Alors que l'économie mondiale est toujours fragile, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté lundi les dirigeants des 20 pays les plus industrialisés (G20), qui se réunissent les 26 et 27 juin prochain à Toronto, au Canada, à davantage investir dans des politiques de lutte contre la pauvreté.

« J'encourage toutes les initiatives qui permettront de renforcer la stabilité de l'économie globale, de l'environnement et la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) », a écrit M. Ban dans une lettre adressée aux dirigeants du Groupe 20 (G20).

En septembre 2000, les dirigeants de la planète réunis à New York ont adopté la Déclaration du millénaire dans laquelle ils ont prévu la réalisation de huit grands Objectifs du millénaire pour le développement d'ici à 2015. Il s'agit notamment de réduire de moitié l'extrême pauvreté, d'assurer une éducation primaire pour tous, de promouvoir l'égalité des sexes, de réduire la mortalité infantile, de combattre des maladies telles que le VIH/sida et le paludisme et d'assurer un environnement durable.

« Plus que jamais, les investissements en faveur des populations les plus pauvres du monde sont nécessaires pour combler les écarts dans la réalisation des objectifs de développement y compris des OMD », a dit le Secrétaire général.

Un Sommet sur les OMD est prévu en septembre 2010 à New York pour faire le point sur leur avancement. Ban Ki-moon a par ailleurs salué l'intention du G20 d'inclure le développement à l'agenda d'une seconde rencontre prévue en novembre 2010 à Séoul, en République de Corée.

« Une telle approche pourra nous aider à répondre à l'insécurité alimentaire et au changement climatique tout en créant des emplois », a souligné Ban Ki-moon. Il a aussi appelé les dirigeants du G20 à « mettre un terme à la réalité honteuse de la mortalité maternelle et de l'enfant » dans le monde.

Le Secrétaire général a publié lundi un rapport sur l'impact de la crise économique globale, intitulé les « Voix des vulnérables ». Le document révèle que les pays qui semblent avoir relativement bien résisté aux conséquences directes de la crise risquent de voire leurs capacités de résilience s'affaiblir sur le long terme.

Alors que de nombreux pays ont mis en place des 'plans de sauvetage', la crise a fortement touché les plus faibles. Selon le Sous-secrétaire général à la planification des politiques, Robert Orr, l'embryon de reprise économique vient des pays en développement.

« Mais cela ne signifie pas que simultanément on ne souffre pas dans ces pays », a-t-il souligné. « Malgré les indicateurs macro-économiques positifs dans un grand nombre de pays en développement qui guident actuellement l'économie mondiale, des citoyens de ces mêmes pays souffrent de manière disproportionnée », a précisé Robert Orr.

Jeudi dernier, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a publié un rapport, intitulé « Que faut-il faire pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement - Une évaluation internationale », qui répertorie les différentes mesures prioritaires dans la perspective du Sommet sur les OMD qui réunira les leaders mondiaux à New York en septembre prochain.

« Pour le grand nombre de personnes qui vivent dans la pauvreté, les Objectifs du Millénaire pour le développement ne sont pas des cibles abstraites et ambitieuses ; ils donnent les moyens d'accéder à une meilleure existence et, de manière générale, à un monde plus juste et en paix », a déclaré jeudi Helen Clark, administratrice du PNUD, lors d'une conférence de presse organisée pour le lancement du rapport.

Selon le PNUD, cette évaluation démontre que l'aide bien ciblée et prévisible est un catalyseur d'importance cruciale dans l'atteinte des OMD et qu'elle a permis d'obtenir des résultats significatifs au Burkina Faso, au Mozambique, au Rwanda, en Ouganda et au Vietnam.

Le rapport, qui sera communiqué aux États Membres en vue de la rédaction du texte final du Sommet des OMD de septembre prochain, estime aussi que l'incapacité de parvenir à un accord dans les négociations commerciales de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) relatives au Cycle de Doha est la plus importante lacune dans l'élaboration d'un partenariat global en faveur du développement. L'accès aux marchés pour les produits des pays en développement ne s'est pas sensiblement amélioré, et les subventions nationales à l'agriculture par les pays riches continuent à éclipser les progrès en matière d'OMD.


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