Le Sri Lanka doit continuer le processus de réconciliation politique

B. Lynn Pascoe, Secrétaire général adjoint aux Affaires politiques

17 juin 2010 – Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, Lynn Pascoe a terminé jeudi sa visite de deux jours au Sri Lanka où il a rencontré les autorités du pays ainsi que des membres de l'opposition et des représentants de la société civile.

« Il faut d'urgence faire des progrès dans la politique de réconciliation », a dit le chef des affaires politiques de l'ONU lors d'une conférence de presse qu'il a tenue à Colombo, la capitale du Sri Lanka. « La fin du conflit doit être suivie par une solution politique qui réponde aux problèmes et aux rancunes qui ont alimenté la guerre », a-t-il ajouté.

Il a salué l'esprit de réconciliation adopté par les autorités sri-lankaises tout en précisant que la présence militaire dans les anciennes zones de conflits devrait diminuer. « Cela enverrait un important message », a-t-il dit.

Lynn Pascoe s'est félicité du déroulement des opérations de réinstallations des déplacés dans la zone nord du pays. Cependant, il a souligné le besoin urgent « de déminer les zones de combats ».

Il a appelé les autorités à continuer les efforts en vue de prendre en charge les 60.000 déplacés qui vivent encore dans des camps et les 90.000 autres qui vivent chez des proches.

Enfin, il a réitéré la nécessité de faire la lumière sur « les allégations de violations des Droits de l'homme pendant le conflit ».

Après plus de 20 ans d'affrontements entre l'armée gouvernementale et les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), le conflit s'est terminé au début de l'année 2009 après une offensive militaire de l'armée sri-lankaise.

L'ONU est en train de mettre en place un panel d'experts chargé d'examiner les crimes de guerre qui auraient été perpétrés à la fin du conflit. Selon l'étude du Rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, dans les derniers mois des opérations de l'armée gouvernementale contre la rébellion des Tigres Tamoules, plus de 30.000 personnes auraient été tuées et de graves violations des Droits de l'homme et du Droit humanitaire international auraient été observées.

Mercredi, Lynn Pascoe s'est entretenu avec le Président sri-lankais, Mahinda Rajapaksa, le ministre des affaires étrangères, G. L Peiris et le chef du principal parti d'opposition, Ranil Wickremasinghe. Il s'est ensuite rendu au nord de l'île, à Mullaitivu où les affrontements armés étaient les plus intenses en mai 2009.

Les combats qui opposaient les Tigres tamouls aux forces gouvernementales sri-lankaises ont débuté dans les années 1980. Un cessez-le-feu a été déclaré en 2002, mais les conflits ont repris en 2005. En janvier 2009, les forces armées nationales ont pris le contrôle des zones tenues par les LTTE, mettant ainsi fin au conflit.

Selon la presse, entre 80.000 et 100.000 personnes sont mortes au cours du conflit, et 7.000 civils tamouls ont été tués lors des derniers mois de combats intenses entre l'armée et les rebelles.


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