Les enfants n'ont pas leur place dans les conflits armés, rappelle l'ONU

Enfant-soldat.

21 mai 2010 – Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rendu public, vendredi 21 mai 2010, son Rapport annuel sur les enfants dans les conflits armés. Le document, qui dresse un état des lieux de la situation des enfants affectés par des conflits armés dans le monde et des actions menées pour les protéger, sera discuté à la mi-juin, par le Conseil de sécurité de l'ONU.

« Les enfants n'ont pas leur place dans les conflits armés. Nous vivons encore dans un monde où ils sont utilisés comme combattants, espions ou bouclier humain. Trop souvent, ils se retrouvent en première ligne ou deviennent des victimes collatérales d'opérations militaires », a déclaré M. Ban dans un communiqué accompagnant la publication du rapport.

Il souligne les progrès réalisés depuis l'année dernière, avec en particulier la signature de plusieurs plans d'action mettant un terme au recrutement d'enfants soldats ou organisant leur démobilisation. C'est le cas du Front islamique de libération Moro (Philippines), de l'Armée soudanaise de libération du peuple et du Parti communiste unifié népalais-maoïste, qui a procédé à la démobilisation de 1.843 enfants-soldats vérifiée par l'ONU. Le rapport a aussi retiré de ses listes les Forces nationale de libération (Burundi), après la démobilisation complète des enfants soldats présents dans leurs rangs, vérifiée par les équipes de l'ONU.

Comme les années précédentes, le Secrétaire général de l'ONU établit aussi la liste des parties qui recrutent ou utilisent des enfants, les tuent ou les mutilent, commettent des viols et d'autres formes de violence sexuelle contre eux, dans les conflits armés dont le Conseil de sécurité est saisi et dans ceux dont il n'est pas saisi (listes ci-dessous). Ont été ajoutés à ces listes, pour le recrutement d'enfants, la Police nationale afghane, la Convention des patriotes pour la justice et la paix en République Centrafricaine et le Hizbul Islam en Somalie.

Conformément à la résolution 1882 votée par le Conseil de sécurité en décembre 2009, son rapport établit pour la première fois une liste des organisations, institutions, groupes armés et autres entités qui recrutent ou utilisent des enfants, et dont les noms ont déjà été cités dans les rapports du Secrétaire général ces 5 dernières années (liste ci-dessous).

Pour faire cesser les pratiques répétées des 16 entités inscrites sur cette liste, Ban Ki-moon recommande au Conseil de sécurité d'inclure le recrutement et l'utilisation des enfants dans les mandats de tous les comités de sanctions, y compris celui sur le terrorisme. Il demande également que l'échange d'information entre les comités de sanctions et le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés soit renforcé et que sa Représentante spéciale pour les enfants et les conflits, Radhika Coomaraswamy, soit plus régulièrement invitée à faire le point sur les crimes perpétrés par ces entités. Dans les situations caractérisées par l'absence de comité de sanction, Ban Ki-moon invite le Conseil de sécurité à envisager d'autres moyens d'appliquer des mesures ciblées contre les auteurs de violations graves et répétées contre des enfants.

Autre nouveauté, résultant également de la résolution 1882 votée par le Conseil de sécurité en décembre 2009, le rapport établit la liste des organisations étatiques ou non-étatiques ayant tué, mutilé, violé ou abusé sexuellement des enfants (listes ci-dessous).

Le Secrétaire général de l'ONU demande au Conseil de sécurité de continuer à insister auprès des entités ou parties à des conflits inscrites sur ces listes pour qu'elles élaborent et appliquent des plans d'actions concrets assortis de délais visant à mettre un terme à ces pratiques. Il recommande aussi des mesures fortes contre toutes parties ne respectant pas ses obligations. Ban Ki-moon appelle aussi le Conseil à inciter les entités citées dans son rapport à nouer le dialogue avec les différentes agences, missions, représentants de l'ONU pour s'attaquer aux violations commises et y mettre un terme.

Dans son rapport, le Secrétaire général s'inquiète par ailleurs de l'utilisation d'enfants à des fins de renseignement militaire par les forces armées nationales et l'organisation d'interrogatoires d'enfants-soldats démobilisés. Il demande aux gouvernements concernés de cesser de telles pratiques.

Ban Ki-moon demande enfin aux Etats Membres de continuer d'intégrer les questions liées aux enfants-soldats dans les processus et accords de paix, afin que ce problème reste prioritaire après les conflits. Il appelle le Conseil de sécurité à s'assurer que la problématique de la sécurité des enfants est incorporée à toutes les missions de maintien de la paix de l'ONU, notamment en y déployant des conseillers et en allouant les ressources nécessaires à leur travail. Il demande aussi, quand des gouvernements requièrent un appui de troupes onusiennes, que le Conseil de sécurité exige que cet appui soit subordonné au respect du droit international.

Liste des parties à des conflits citées dans les rapports du Secrétaire général depuis au moins cinq ans : Groupe Abu Sayyaf (Philippines), Armée nationale de libération (Colombie), Forces armées de la République démocratique du Congo, Forces démocratiques de libération du Rwanda, Front des nationalistes et intégrationnistes (RDC), Forces armées révolutionnaires de Colombie, Armée karenni (Myanmar), Armée de libération nationale karen (Myanmar), Armée de résistance du Seigneur (Ouganda), Groupes Maï Maï du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (RDC), Front de libération nationale Moro, Nouvelle armée populaire (Philippines), Milices progouvernementales au Darfour (Soudan), Armée populaire de libération du Soudan, Armée nationale (Myanmar), Gouvernement fédéral de transition de Somalie.

Organisations étatiques ou non-étatiques ayant tué ou mutilé des enfants : Milice islamistes Al-Shabab et Gouvernement fédéral de transition en Somalie.

Organisations étatiques ou non-étatiques ayant violé ou abusé sexuellement d'enfants : Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), y compris les unités du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Forces de résistance patriotique en Ituri (FRPI), Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), Armée de résistance du Seigneur (LRA), Groupes Maï Maï du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris les Patriotes résistants congolais (PARECO).

Liste des parties qui recrutent ou utilisent des enfants, en tuent ou en mutilent, et/ou commettent des violences sexuelles sur eux et dont le Conseil de sécurité est saisi :

Afghanistan : Police nationale afghane, Réseau Haqqani, Parti Hezb-i-Islami, Jamat Sunat al-Dawa Salafia, Forces des Taliban, Front de Tora Bora

République centrafricaine : Armée populaire pour la restauration de la République et de la démocratie (APRD), Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), Union des forces démocratiques populaires de Centrafrique (FDPC), Armée de résistance du Seigneur (LRA), Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), Milices d'autodéfense soutenues par le Gouvernement de la République Centrafricaine.

Tchad: Armée nationale tchadienne, Mouvement pour la justice et l'égalité.

République démocratique du Congo: Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Forces de résistance patriotique en Ituri (FRPI), Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), Armée de résistance du Seigneur (LRA), Groupes Maï Maï du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Iraq : Al-Qaida en Iraq

Myanmar : Armée bouddhiste démocratique Karen, Conseil pour la paix de l'Union nationale karen/armée de libération nationale Karen, Armée de l'indépendance kachin, Armée de libération nationale karen, Armée karenni, Front de libération nationale du peuple karenni, Armée de l'Alliance démocratique nationale du Myanmar, Armée du Sud de l'État shan, Armée nationale, Armée unie de l'État wa.

Népal : Parti communiste népalais-maoïste (PCN-M)

Somalie : Al-Shabab, Hizbul Islam, Gouvernement fédéral de transition

Soudan: Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), Armée de résistance du Seigneur (LRA), Groupes d'opposition tchadiens, Forces centrales de police, Milices favorables au Gouvernement, Forces armées soudanaises, Mouvement pour la justice et l'égalité, Mouvement des forces du peuple pour les droits et la démocratie, Armée de libération du Soudan (ALS)/Abu Gasim/Aile principale, Armée de libération du Soudan (ALS)/Free Will, Armée de libération du Soudan (ALS)/faction Minni Minnawi, Armée de libération du Soudan (ALS), a) Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), Armée de libération du Soudan (ALS)/Abdul Wahid, Armée de libération du Soudan (ALS)/faction Unity.

Liste des parties qui recrutent ou utilisent des enfants, en tuent ou en mutilent, et/ou commettent des violences sexuelles sur eux et dont le Conseil de sécurité n'est pas saisi :

Colombie : Armée nationale de libération (ELN), Forces armées révolutionnaires de Colombie-Ejército del Pueblo (FARC-EP)

Philippines : Groupe Abu Sayyaf, Front de libération islamique Moro, Nouvelle armée populaire (NPA)

Sri Lanka : Tamil Makkal Viduthalai Pulikal (TMVP)

Ouganda : Armée de résistance du Seigneur (LRA)


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