Piraterie : Les Seychelles deviennent un centre régional de poursuites judiciaires

Un bateau de pirates capturé par les garde-côtes des Seychelles.

7 mai 2010 – Paradis pour les touristes, Les Seychelles n'entendent pas devenir un paradis pour les pirates. Le pays va devenir le second centre régional de poursuites judiciaires contre la piraterie, après le Kenya.

Sous la pression des marines européenne, américaine et de l'OTAN déployées depuis 2008 au large de la Somalie pour sécuriser le golfe d'Aden, les pirates s'adaptent et changent de terrain de prédilection. Dans leur ligne de mire désormais, les bateaux qui naviguent au large des Seychelles, où les attaques se sont multipliées depuis septembre 2009. Souvent considéré comme indéfendable en raison de sa situation géographique, l'archipel de 115 îles a pris de nouvelles mesures pour éviter de devenir le nouveau sanctuaire des pirates somaliens.

Un amendement au Code pénal donne désormais compétence universelle aux tribunaux seychellois pour poursuivre tous ceux qui se livrent à la piraterie dans l'Océan Indien. Le pays peut ainsi détenir les pirates arrêtés par les marines de l'Union européenne pour les juger, et s'ils sont condamnés, les détenir sur son territoire. Onze pirates arrêtés par les gardes-côtes seychellois ont déjà été jugés en mars dernier. Onze autres, appréhendés par la marine française au large de la Somalie, y ont également été transférés pour y être jugés.

Pour aider le gouvernement des Seychelles à relever ce nouveau défi, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a lancé en partenariat avec l'Union européenne, un programme de lutte contre la piraterie qui offre une assistance à la police, aux gardes-côtes, aux procureurs, aux tribunaux et aux prisons des Seychelles. Il prévoit notamment la mise à la disposition de la justice seychelloise d'interprètes somaliens afin que les pirates jugés aient droit à un procès équitable. L'Allemagne, le Canada et l'Australie ont par ailleurs lancé des programmes de coopération pour offrir aux forces de sécurité des formations sur les procédures judiciaires à suivre et la manière de réunir des preuves, pour leur fournir aussi des équipements modernes de navigation et de collecte d'information.

La semaine dernière, dans une résolution adoptée par ses 15 membres, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé tous les États « à ériger la piraterie en infraction pénale, à envisager de poursuivre les personnes soupçonnées de piraterie appréhendées au large des côtes somaliennes et à incarcérer celles qui ont été reconnues coupables, dans le respect du droit international et des droits de l'homme." Le Conseil a salué l'engagement des Seychelles dans la lutte contre la piraterie et la décision des autorités de devenir « un centre régional des poursuites judiciaires ».


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