Indonésie : L'UNESCO s'inquiète de la dispersion de vestiges d'une épave

Le Détroit de la Sonde entre Java et Sumatra en Indonésie. Photo: Hullie

5 mai 2010 – La Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a exprimé son inquiétude concernant les négociations entourant la commercialisation d'un grand nombre d'objets provenant d'une épave gisant au large des côtes de Java (Indonésie).

La vente aux enchères organisée le 5 mai à Djakarta par le gouvernement indonésien n'ayant pas permis de trouver d'acquéreur, la cargaison devrait être de nouveau mise en vente à une date qui reste à déterminer, souligne l'UNESCO dans un communiqué publié mercredi.

« Il serait regrettable qu'un patrimoine d'un telle valeur historique et archéologique soit disséminé et mis hors de portée des scientifiques et du grand public. Une fois qu'un site archéologique est exploité et les objets dispersés, il est en effet impossible de revenir en arrière. Or, la cargaison de l'épave trouvée au large de la ville de Cirebon a beaucoup à nous apprendre sur les échanges commerciaux et culturels régionaux de l'époque », a déploré Mme Bokova. « L'UNESCO, par le biais de sa Convention de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, encourage la préservation des biens culturels engloutis, leur étude scientifique et l'accès au public. Nous encourageons donc le gouvernement indonésien à faire son possible pour que les recherches scientifiques sur ce site soient menées à bien et que ces biens puissent être présentés dans des musées. L'UNESCO est naturellement disposée à mettre ses compétences en matière de muséologie et de conservation au service des autorités indonésiennes ».

Localisée en 2004 par une compagnie d'exploration privée au large de la ville de Cirebon, au nord de l'île de Java, cette épave aurait coulé au Xe siècle en se rendant de l'île de Sumatra à celle de Java. Plus de 270.000 objets (céramiques chinoises, articles religieux, bijoux, pièces d'or, vaisselle?) ont été extraits de sa cargaison, ce qui en fait une découverte historique de premier ordre.

En 2007, une mission d'experts de l'UNESCO s'était rendue sur le site où les objets sont stockés. Elle en avait souligné l'importance historique et avait mis l'accent sur la nécessité de les conserver dans des conditions appropriées. Elle avait également proposé son concours au gouvernement indonésien pour aider à la conservation de ces vestiges particulièrement exposés une fois sortis de l'eau.

La Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, adoptée par l'UNESCO en 2001, est entrée en vigueur en janvier 2009. Elle vise à assurer une meilleure protection des épaves et vestiges reposant sous l'eau. Ce traité international constitue une réponse de la communauté internationale au pillage et à la destruction croissante du patrimoine culturel subaquatique, de plus en plus exposé aux chasseurs de trésors.

A ce jour, on compte 31 Etats parties à la Convention. L'UNESCO appelle de ses vœux la ratification par l'Indonésie de la Convention et se tient à sa disposition pour lui apporter son concours et faciliter ses démarches.


News Tracker: autres dépêches sur la question

Ouganda : L'UNESCO recommande de reconstruire un site du patrimoine mondial

Aucun résultat
Aucun résultat