Il faut généraliser la loi britannique contre les 'fonds vautours’, selon un expert

Une famille confrontée à l’insécurité alimentaire en Ethiopie.

20 avril 2010 – Un expert indépendant de l'ONU sur la dette et les droits humains, Cephas Lumina, a salué mardi l'adoption d'une loi au Parlement britannique pour limiter les effets néfastes des 'fonds vautours' qui spéculent sur les dettes des pays les plus pauvres en asphyxiant leurs finances en les forçant à payer les créances de départ augmentées d'intérêts et de pénalités de paiement.

« Je salue la Royaume-Uni d'avoir passé cette étape importante pour stopper les profits des 'fonds vautours' aux dépens des citoyens des pays endettés en détresse et des contribuables des pays qui ont soutenu les efforts d'allégement de la dette internationale », a dit M. Lumina.

Les 'fonds vautours' ou 'fonds prédateurs' sont des fonds d'investissements qui rachètent les dettes de pays en développement pour ensuite les contraindre par voie judiciaire à les rembourser au prix fort, c'est-à-dire le montant initial des dettes, augmentées d'intérêts, de pénalités et de divers frais de justice.

« Les 'fonds vautours' ont exploité la nature volontaire des plans d'allégement de la dette internationale pour acquérir une souveraineté par défaut sur la dette à des prix aux rabais, puis ont cherché à se faire rembourser l'entière valeur de la dette au travers d'action en justice, de saisie d'avoirs ou de pression politique », a expliqué l'expert.

La loi votée par le Parlement britannique vise à empêcher ces fonds de faire valoir leurs créances devant les cours britanniques et ainsi d'exiger de pays parmi les plus pauvres du monde qu'ils payent des dettes colossales.

« C'est très important de stopper de tels profits injustes », a dit M. Lumina. Le poids financier lié au remboursement des dettes des pays pauvres « réduit l'impact des politiques d'allégement de la dette », indique l'expert indépendant.

Le fardeau que représentent ces dettes empêche les pays les plus pauvres de progresser sur le plan économique et social notamment dans la mise en œuvre de politiques de droit à l'éducation, d'accès à la santé, à l'eau et l'assainissement, à l'alimentation, au logement et au respect des droits de l'homme, estime M. Lumina.

« J'appelle la communauté internationale et, en particulier, les pays qui ont des législations favorables aux 'fonds vautours' de suivre l'exemple du Royaume-Unis et de légiférer pour prévenir l'action des 'fonds vautours' », a plaidé M. Lumina. « Cela représentera une indication claire de l'engagement à trouver une solution durable au problème de la dette ».


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