Kim Bolduc : Personne ne veut revenir à ce qu'Haïti était avant le séisme

Kim Bolduc.

1 mars 2010 – La tragédie qu'a connue Haïti avec le séisme du 12 janvier peut être l'occasion d'un nouveau départ pour le pays, estime la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de l'ONU dans ce pays, Kim Bolduc, qui a survécu au tremblement de terre.

« Personne ne veut vraiment que l'on revienne à ce qu'était Haïti avant, ni le peuple ni le gouvernement, et avec l'ampleur de la solidarité que nous voyons venir de partout dans le monde, nous serons certainement en mesure de faire quelque chose de beaucoup mieux cette fois », déclare-t-elle dans un entretien au Centre d'actualités de l'ONU.

Elle rappelle que la communauté internationale travaille en Haïti depuis longtemps. « Mais je dois dire que, collectivement, nous devons faire mieux cette fois », estime-t-elle. « Avant le séisme, Haïti était faible. Après le séisme Haïti a vraiment besoin de nouvelles opportunités ».

« Le séisme a frappé un pays qui avait déjà du mal à joindre les deux bouts. L'ampleur des destructions dans la capitale et leur impact sur la population ont fait que nous n'avons pas été en mesure de nous regrouper suffisamment rapidement pour apporter un soutien immédiat », relève Kim Bolduc.

Soulignant que la MINUSTAH avait au cours des dernières années réussi à stabiliser le pays après le conflit et commençait à voir des progrès lorsque le séisme a frappé, elle confie qu'il s'agit de la situation post-conflit et post-catastrophe la plus complexe qu'elle ait eue à traiter.

« Rappelez-vous du contexte », dit-elle. « Avant le tremblement de terre, Haïti avait déjà des difficultés depuis plusieurs décennies pour sortir de l'instabilité avec 80% de la population sous le seuil de pauvreté et des institutions faibles ». « Je pense donc que c'est le bon moment pour nous d'examiner la façon dont nous aidons Haïti, de rassembler nos efforts, d'essayer d'adopter un programme unique, un programme défini par Haïti, sa population et son gouvernement, afin de ne pas apporter un soutien fragmenté ».

« Tout le monde veut la même chose pour Haïti, un Haïti fort, un Haïti solide et un Haïti qui offre un avenir à ses enfants. C'est le rêve de toute personne qui se bat actuellement ici, sur le terrain, et d'autres qui ne sont pas ici mais qui nous apportent un soutien international », ajoute-t-elle.


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