UNICEF : Le recrutement forcé des enfants soldats en RDC doit cesser

Une fillette recueille du bois dans un camp de déplacés dans l’est de la RDC.

12 février 2010 – A l'occasion de la journée internationale de lutte contre l'utilisation des enfants soldats, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a appelé vendredi à la démobilisation de tous les enfants associés aux forces et groupes armés en République démocratique du Congo (RDC), et en particulier des jeunes filles.

« La place des enfants, filles ou garçons, est en famille, jamais au sein d'un groupe armé », a affirmé Pierrette Vu Thi, Représentante de l'UNICEF dans le pays. « Tous les enfants, et plus particulièrement les jeunes filles, associés aux forces et groupes armés sont traumatisés par leur expérience et requièrent une attention toute particulière. Il est essentiel qu'ils retrouvent au plus vite, une vie d'enfant. »

Utilisées comme combattantes, mains d'œuvre et esclaves sexuelles, victimes de violences et de viols pendant des mois, voire des années, les filles ne sont que trop rarement libérées par les forces et groupes armés.

A l'Est de la RDC, où le recrutement et le re-recrutement des enfants associés aux forces et groupes armés est le plus important, seulement 20% des enfants soutenus par l'UNICEF et ses partenaires sont des jeunes filles.

Si en 2009, la démobilisation et la prise en charge des filles dans les programmes menés par l'UNICEF et ses partenaires, ont augmenté, les efforts doivent redoubler pour que ces jeunes filles, extrêmement vulnérables, puissent être réunifiées avec leurs familles, scolarisées et qu'elles retrouvent enfin une vie d'enfant.

Depuis 2004, et le commencement du programme Désarmement Démobilisation et Réintégration (DDR), les acteurs de la protection de l'enfance ont facilité la sortie et la prise en charge de plus de 36.000 enfants associés aux forces et groupes armés.

En 2009, un total de 5.930 enfants a été démobilisé, dont 1.222 filles. La plupart de ces enfants ont été démobilisés à l'Est du pays, lors du processus d'intégration rapide des groupes armés dans les forces armées congolaises (FARDC) au début d'année 2009.

L'identification et la vérification des enfants, leur démobilisation, et leur prise en charge médicale, psychosociale et scolaire sont cordonnés sur le terrain et au niveau central afin que cesse cette violation grave des droits de l'enfant, et que soit restaurés leur protection et leur bien-être.

« Les efforts du gouvernement de la RDC doivent être salués, avec l'adoption de la loi du 10 janvier 2009, qui interdit l'utilisation des enfants dans les forces et groupes armés en RDC », a souligné l'UNICEF. La loi prévoit 20 ans de prison contre les recruteurs. Mais si cette loi est un pas en avant important, des enfants sont toujours enrôlés dans les rangs des FARDC et des autres groupes armés opérant dans l'Est du pays. Toutes les parties aux conflits, dont la majorité est actuellement intégrée dans l'armée nationale, sont responsables du recrutement forcé des enfants soldats.

Les équipes mobiles mises en place dans tous le pays, avec des partenaires tels que la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), Save the Children, COOPI et d'autres organisations non gouvernementales, plaident auprès des chefs et commandants pour sortir le plus d'enfants possibles des forces et groupes armés, avec un effort plus soutenu envers les filles.


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