Somalie : Le représentant spécial juge qu’il faut s'attaquer aux causes de la piraterie

Ahmedou Ould-Abdallah, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Somalie.

18 novembre 2009 – Le représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah, a appelé mercredi la communauté internationale à aider le Gouvernement fédéral de transition somalien à s'attaquer aux causes sous-jacentes de la piraterie au large des côtes somaliennes, lors d'une séance du Conseil de sécurité.

M. Ould-Abdallah, qui présentait le rapport du Secrétaire général, a rappelé les grands axes de la stratégie internationale contre la piraterie dans la région. Il a salué l'efficacité du déploiement coordonné de navires militaires tant dans le cadre de l'opération « Atalante » de l'Union européenne que de l'OTAN et qui, au cours de ces derniers mois, a permis de réprimer efficacement la piraterie le long des côtes, « le nombre d'incidents ayant nettement baissé, en particulier dans le golfe d'Aden ».

Le représentant spécial a considéré que cette présence militaire assurait une protection indispensable aux convois du Programme alimentaire mondial (PAM), au moment où la moitié de la population somalienne dépend directement de l'aide internationale pour subsister.

M. Ould-Abdallah a cependant fait observer que « la menace demeure », surtout en haute mer où opèrent les pirates qui recourent à présent à des moyens plus sophistiqués. Il a estimé que, dans ce contexte, les efforts collectifs devraient s'intégrer dans un plan d'ensemble qui prévoit à la fois le renforcement des capacités nationales et régionales et l'appréhension des causes profondes à l'origine du phénomène de la piraterie.

Une solution militaire, a-t-il dit, ne suffit pas pour garantir une pacification durable de la région. C'est ainsi qu'il a souligné le rôle de l'Organisation maritime internationale (OMI) dans la mise en œuvre du Code de conduite de Djibouti, un dispositif adopté en 2009 pour accroître les capacités opérationnelles et juridiques des acteurs régionaux.

Le représentant spécial a ensuite expliqué qu'il revenait au Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (UNOPS) qu'il dirige, et à l'Equipe spéciale intégrée pour la Somalie d'assister le Gouvernement fédéral de transition somalien dans les domaines de la paix durable, de la gouvernance, de l'État de droit et de la consolidation des institutions. « L'objectif est d'offrir aux Somaliens des alternatives à la piraterie et à la criminalité », a-t-il affirmé.

De son côté, le Conseil de sécurité s'est félicité des succès enregistrés par la communauté internationale dans la lutte contre les actes de piraterie et de vols à main armée commis dans les eaux territoriales et en haute mer au large des côtes somaliennes.

Les 15 membres du Conseil et les autres délégations qui ont pris la parole ont toutefois reconnu la nécessité de s'attaquer aux causes d'un phénomène qui, ont-ils souligné, continue de menacer gravement l'acheminement de l'aide humanitaire vers la Somalie et l'approvisionnement de la Mission d'observation militaire de l'Union africaine dans le pays (AMISOM).


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