Paix : Le Président brésilien Lula reçoit le Prix Houphouët-Boigny - UNESCO

Le Président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

8 juillet 2009 – Le Président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a reçu mardi à l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix des mains du directeur général de l'Organisation, Koïchiro Matsuura.

Le prix a été remis en présence du Président sénégalais Abdoulaye Wade, du Président cap-verdien Pedro Pires, du Premier ministre portugais, José Socrates, du Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, de l'ancien Président ivoirien Henri Konan Bédié, de Mario Soares, ancien Président portugais et vice-président du jury du Prix, ainsi que des Présidents de la Conférence générale et du Conseil exécutif de l'UNESCO, George N. Anastassopoulos (Grèce) et Olabiyi Babalola Joseph Yaï (Bénin).

Lors de la cérémonie, Koïchiro Matsuura a rappelé que le Prix avait été attribué à Luiz Inácio Lula da Silva « en reconnaissance de son action en faveur de la paix et de l'égalité des droits, ainsi que pour ses initiatives en vue de l'éradication de la pauvreté dans son pays ». « Nul choix ne pouvait mieux illustrer la philosophie du Prix et les principes fondamentaux qui inspirent l'action de l'UNESCO. Le président Lula da Silva prend place parmi les bâtisseurs de la paix qui l'ont précédé sur cette tribune et son nom s'ajoute au palmarès prestigieux constitué depuis vingt ans autour du prix », a-t-il ajouté.

En recevant le Prix, le Président brésilien a déclaré que pour construire la paix il fallait « de la persévérance et de la vigilance ». « Mettre de côté les armes ne suffit pas. Il n'y aura pas de paix véritable tant qu'on ne s'attaquera pas aux racines profondes des conflits, tant qu'il y aura de la faim, des inégalités et du chômage, tant que persistera l'intolérance ethnique, religieuse, culturelle et idéologique. La paix sur le plan domestique est aussi importante que l'absence de guerre entre les nations », a-t-il dit.

« L'exclusion n'est pas inhérente aux sociétés humaines. Elle n'est pas non plus inévitable. Au cours des dernières décennies, la thèse qui prédominait - mais qui n'était pas toujours explicite -, c'est que le développement n'était possible que pour une petite partie de la population. [?] Tout effort pour affronter la pauvreté et les inégalités était vu comme de l'assistanat et du populisme. [?] L'histoire se charge de démentir ces fausses théories », a-t-il ajouté.

M. Lula a aussi plaidé pour un rôle accru des pays en développement dans la gestion de l'économie mondiale : « Un monde plus démocratique dans la prise des décisions qui nous affectent tous est la meilleure garantie de notre sécurité collective, des droits des plus vulnérables et de la préservation de la planète ». Il a préconisé une réforme du Conseil de sécurité des Nations-Unies et une réorganisation de « l'architecture financière mondiale, avec une augmentation des moyens du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale ». Il a également estimé qu'il fallait relever avec vigueur le défi du changement climatique.

Le Prix Félix Houphouët-Boigny - créé en 1989 et décerné tous les ans par l'UNESCO - se propose d'honorer des personnes, institutions ou organisations qui ont contribué de manière significative à la promotion, à la recherche, à la sauvegarde ou au maintien de la paix, dans le respect de la Charte des Nations Unies et de l'Acte constitutif de l'UNESCO.

Le Prix a déjà été décerné à Nelson Mandela et Frederik W. De Klerk ; Yitzhak Rabin, Shimon Peres et Yasser Arafat ; le Roi Juan Carlos d'Espagne et l'ancien Président américain, Jimmy Carter ; le Président sénégalais Abdoulaye Wade et l'ancien Président finlandais Martti Ahtisaari.


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