UNESCO : Profonde modification de la mobilité étudiante

6 juillet 2009 –

En 2007, plus de 2,8 millions d'étudiants se sont inscrits dans des établissements d'enseignement supérieur en dehors de leur propre pays, une augmentation de 53 % depuis 1999, annonce lundi l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

D'où venaient ces étudiants ? Quels sont les pays qui sont les destinations les plus prisées ? Quels niveaux et quels domaines les étudiants expatriés choisissent-ils ? Ces choix dépendent-ils du sexe de l'étudiant ? Les réponses à ces questions-clés et à d'autres sur les politiques éducatives sont fournies par l'édition 2009 du Recueil des données mondiales sur l'Education de l'UNESCO (GED), selon un communiqué.

Les données sur la mobilité étudiante, compilées par l'Institut de statistique de l'UNESCO tiennent compte aussi du pays d'origine des étudiants et non pas seulement du pays d'accueil. Par exemple, un tableau donné dans le GED montre que l'Afrique sub-saharienne a le taux le plus élevé de mobilité, 5,8 % en 2007, comparé à la moyenne mondiale de 1,8 %. Le GED constitue l'instantané le plus complet des destinations et des disciplines choisies par les étudiants expatriés.

Bien que la Chine expédie le plus fort bataillon d'étudiants à l'étranger (environ 421.100), parmi les autres grands pays qui envoient des étudiants à l'étranger de façon notable, figurent l'Inde, la République de Corée, l'Allemagne, le Japon, la France, les Etats-Unis, la Malaisie, le Canada et la Fédération de Russie. Les étudiants de ces dix pays représentent 38 % des étudiants étrangers dans les données fournies par 153 pays d'accueil.

Historiquement, les schémas de flux des étudiants internationaux dépendent d'un certain nombre de facteurs spécifiques tels que la proximité, la langue, les liens politiques ou autres. Ces facteurs aident à expliquer les changements de mobilité.

Selon le rapport, les destinations des étudiants expatriés sont plus variées. En 1999, un étudiant sur quatre choisissait d'étudier aux Etats-Unis alors qu'ils n'étaient plus qu'un sur cinq en 2007, bien que le nombre total d'étudiants étrangers ait continué d'augmenter dans ce pays. Sur la même période, l'Australie, le Canada, la France, l'Italie, le Japon et l'Afrique du Sud non seulement sont restées des destinations recherchées mais ont vu leurs parts de marché croître. Parmi les nouveaux pays qui sont apparus dans les 10 pays accueillant les plus d'étudiants étrangers figurent la Chine, la République de Corée et la Nouvelle-Zélande.

Autre tendance qui ressort du rapport : les étudiants restent de plus en plus dans leur région d'origine. En Amérique latine et dans les Caraïbes, par exemple, le pourcentage des étudiants internationaux restés dans la région est passé de 11 % en 1999 à 23 % en 2007. En Asie de l'Est et dans le Pacifique, deux étudiants partis à l'étranger sur cinq (42 %) sont restés dans la région en 2007 contre 36 % en 1999. L'Europe de l'Ouest (77 %) et l'Amérique du Nord (39 %) montrent peu de variations entre 2007 et 1999.

Pour bâtir des politiques adéquates, savoir quels types de formations sont les plus demandés au plan mondial est important. En 2007, près d'un étudiant expatrié sur quatre (23 %) était inscrit dans un cursus Gestion des entreprises. Les Sciences constituent la deuxième discipline la plus demandée, attirant 15 % des étudiants expatriés, suivi de la formation d'Ingénieur, Industrie et BTP, (14 %) et de Lettres et Arts (14 %). Des grandes tendances des préférences par région (par exemple, les étudiants originaires de la région de l'Amérique latine et des Caraïbes préfèrent Gestion des Entreprises, selon les données fournies par les Etats-Unis), suggèrent le lien entre la demande et les besoins du marché du travail dans les pays d'origine de la région des étudiants.

Le nombre d'étudiantes à l'étranger a augmenté encore plus vite que celui des hommes. Mais, comme la plupart des pays n'ont pas de répartition par sexe des étudiants étrangers, ces estimations sont basées sur un petit nombre de pays d'accueil. Les données fournies par l'enseignement supérieur montrent une progression mondiale de la part des femmes, mais il existe encore clairement des différences par type de discipline (par exemple, les femmes sont sous-représentées dans les cursus scientifiques et d'ingénieur).

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