L'ONU commémore le 1er anniversaire de l'attentat contre ses bureaux à Alger

Un bâtiment endommagé par l’attentat le 11 décembre 2007 contre l’ONU à Alger.

11 décembre 2008 – Les Nations Unies ont commémoré jeudi lors d'une cérémonie au siège de l'Organisation à New York le premier anniversaire de l'attentat perpétré contre ses bureaux à Alger et qui a fait 17 morts et 40 blessés.

« Les terroristes nous ont arraché ces êtres nobles, mais ils ne pourront jamais étouffer notre espoir de voir régner l'harmonie universelle, ni nous faire douter que l'union de nos efforts est le seul moyen de construire un monde meilleur », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un message lu par la vice-Secrétaire générale, Asha-Rose Migiro lors de cette commémoration, au cours de laquelle une minute de silence a été observé en l'honneur des victimes.

L’explosion d’une voiture piégée a détruit les bureaux du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et endommagé ceux du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) à Alger. Le même jour, un autre attentat a été commis vingt minutes plus tôt contre la Cour constitutionnelle algérienne, causant la mort d’au moins 14 personnes.

Le Secrétaire général a rappelé qu'il s'était rendu sur le site de l'explosion une semaine après l'attentat. « Face aux bureaux des Nations Unies dévastés, j'ai ressenti une immense colère. J'étais révolté à l'idée que des terroristes aient commis un acte d'une telle violence à l'encontre de ceux-là mêmes qui travaillaient pour le bien-être de tous les Algériens », a-t-il dit.

« Je n'oublierai jamais ma rencontre avec les survivants et les familles de certains des disparus. J'ai été envahi de tristesse devant le sort infligé à leurs proches. Mais j'ai aussi été conforté par le courage dont faisaient preuve nombre des survivants à la suite de l'attaque. Ils travaillaient sans relâche à la recherche de leurs collègues encore sous les décombres », a-t-il ajouté.

Les employés tués avaient pour certains grandi en Algérie, d'autres venaient du Danemark, des Philippines et du Sénégal. Certains s'occupaient des réfugiés, d'autres combattaient les maladies. D'autres encore étaient chauffeurs ou appartenaient au personnel d'appui, a-t-il précisé.

« Un an après l'attentat, nous ressentons encore une intense douleur et pleurons la perte des vies fauchées ce jour-là », a dit le Secrétaire général.

« J’ai été profondément touché par le courage montré par nos collègues et leurs familles face à une telle épreuve », a déclaré pour sa part l’administrateur du PNUD Kermal Dervis. Il a appelé les employés de l’ONU et les Etats membres à montrer que le personnel des Nations Unies était sur le terrain pour servir les idéaux de la Charte de l’ONU.

De son côté la directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Thoraya Obaid, a souligné, en tant que présidente de la commission de haut niveau sur le management, que tous les hauts responsables des Nations Unies « étaient pleinement favorables à un solide système de sécurité qui protège le personnel et à un solide système de management soutenant le personnel en temps de crise ». « Cela nécessitera des ressources que nous devons débloquer, parce que les vies de nos collègues n’ont pas de prix pour l’Organisation et pour leurs familles », a dit Mme Obaid.

Le président de la Fédération des fonctionnaires internationaux des Nations Unies, Dimitri Samaras, a appelé pour sa part à une révision des politiques de l’ONU pour répondre aux besoins du personnel, en particulier du personnel qui a été blessé, ainsi que de leurs familles.


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