Nicolas Sarkozy appelle à la fondation d'un nouvel ordre mondial pour le XXIème siècle

25 septembre 2007 – Le président français Nicolas Sarkozy a appelé aujourd'hui les Nations Unies à fonder un « nouvel ordre mondial », un « New Deal écologique et économique », en lui confiant notamment la tâche de mieux répartir les profits des matières premières, de la technologie et de moraliser le capitalisme financier.

« Dans ce monde où le sort de chacun dépend de plus en plus de celui des autres, l'ONU ne doit pas être affaiblie mais renforcée. Sa réforme pour l'adapter aux réalités du monde d'aujourd'hui est une priorité pour la France. Nous n'avons plus le temps d'attendre », a déclaré aujourd'hui Nicolas Sarkozy lors du débat de haut niveau de l'Assemblée générale.

Le président de la France a réclamé « un nouvel état d'esprit ». « C'est d'un véritable New Deal dont le monde a besoin. Un New Deal écologique et économique », a-t-il lancé.

Nicolas Sarkozy a appelé « tous les Etats à se réunir pour fonder le nouvel ordre mondial du XXIème siècle sur l'idée que les biens communs de l'humanité doivent être placés sous la responsabilité de l'humanité tout entière ».

A ce titre, il a défendu l'idée d'assurer « à tous les hommes l'accès aux ressources vitales, à l'eau, à l'énergie, à l'alimentation, aux médicaments et à la connaissance ».

A cette fin, il a lancé un « appel solennel » pour que les Nations Unies « prennent en main la question d'une plus juste répartition des profits, de la rente des matières premières et des rentes technologiques ».

De même, les Nations Unies devraient « prendre en main » « la moralisation du capitalisme financier afin de le mettre davantage au service du développement et moins à celui de la spéculation », ainsi « qu'à aller plus loin dans la lutte contre la corruption ».

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a souligné « qu'il n'y aura pas de paix dans le monde si la communauté internationale fait preuve de faiblesse face à la prolifération des armements nucléaires ».

« Je pense évidemment au problème iranien. L'Iran a droit à l'énergie nucléaire à des fins civiles. Mais en laissant l'Iran se doter de l'arme nucléaire, nous ferions courir un risque inacceptable à la stabilité de la région et du monde. Nous menacerions l'existence même du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) ».

« Je veux dire au nom de la France que cette crise ne sera résolue que si la fermeté et le dialogue vont de pair », a dit Nicolas Sarkozy.

« Regardons le monde tel qu'il est sinon nous n'aurons aucune chance de parvenir à la rendre meilleur. Jugeons-le à l'aune de la justice. La justice c'est la nation palestinienne qui retrouve un pays, qui construit son Etat. La justice c'est un peuple israélien qui obtient le droit de vivre en sécurité. La justice c'est le peuple libanais qui recouvre pleinement sa liberté, son indépendance, sa souveraineté dans la concorde ».

« La justice c'est le peuple iraquien dans sa diversité qui trouve en lui-même le chemin de la réconciliation et de la démocratie. La justice c'est que l'enfant de pauvre, partout dans le monde, ait autant de chances de réussir que l'enfant de riche. La justice c'est que le pays en développement auquel on voudrait imposer des règles environnementales alors que les habitants ont à peine de quoi manger soit aidé pour les mettre en place. La justice c'est que l'on ne puisse pas exploiter les ressources d'un pays sans en payer le juste prix », a lancé le chef d'Etat français.

Prenant la parole hier devant la presse, Nicolas Sarkozy a souligné que la France faisant de la lutte contre les changements climatiques une « priorité absolue ».

« Nous voulons des décisions tout de suite, maintenant, immédiatement, parce que demain il sera trop tard. Et ce trop tard c'est deux degrés Celsius de plus, après quoi nous aurons atteint le point de non-retour », a dit le président de la France (webcast).

Voir le compte-rendu de l’ensemble des déclarations au débat général (textes des déclarations et vidéos).