Sahara occidental : le Conseil de sécurité appelle à de nouvelles négociations sous les auspices de l'ONU

30 avril 2007 – Prenant « note » de nouvelles propositions de la part du Maroc et du Front POLISARIO sur le statut du Sahara occidental, le Conseil de sécurité a demandé aujourd'hui aux deux parties d'engager des négociations, y compris sous les auspices du Secrétaire général.

Dans le préambule de sa résolution 1754 (2007) adoptée à l'unanimité, le Conseil affirme « prendre note » de la « proposition marocaine présentée le 11 avril 2007 au Secrétaire général » ainsi que de la proposition du Front POLISARIO, présentée le 10 avril 2007.

Il se félicite aussi « des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l'avant vers un règlement ».

Le Conseil « demande aux parties d'engager des négociations de bonne foi sans conditions préalables, en tenant compte des développements survenus ces derniers mois, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

Il demande à cet égard au Secrétaire général d'organiser ces négociations sous ses auspices et de lui présenter d'ici au 30 juin 2007 un rapport sur les progrès réalisés.

Commentant le texte en séance, le représentant de l'Afrique du Sud, Dumisani Kumalo, a déploré que le Conseil se réfère, dans le préambule, aux « efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc ».

Le mot « crédible » ne saurait impliquer que la proposition du Front POLISARIO le soit moins, a-t-il précisé, en regrettant aussi l'usage de l'expression « pour aller de l'avant ».

« Cette expression est malheureuse en ce qu'elle préjuge du résultat des négociations », a-t-il estimé, avant de se féliciter de ce que le Maroc et le Front POLISARIO comptent se rencontrer en vue de régler ce qu'il a qualifié de « dernier problème colonial du continent africain ».

Le Conseil de sécurité a par ailleurs décidé de proroger jusqu'au 31 octobre 2007 le mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

Prenant la parole devant la presse à l'issue de la séance, Jean-Marc de la Sablière, Ambassadeur de la France, qui a coparrainé le texte de la résolution, a estimé qu'il s'agissait d'un « texte équilibré, de compromis », exprimant l'espoir que les négociations commenceraient rapidement.

Dans son dernier rapport sur la MINURSO, le Secrétaire général estimait que « face au blocage de la situation au Sahara occidental », il n'existait que deux possibilités : soit une prolongation indéfinie de l'impasse, soit des négociations sans conditions préalables entre les parties, qui auraient pour objectif de parvenir à une solution politique mutuellement acceptable permettant d'assurer l'autodétermination du peuple du Sahara occidental (dépêche du 18.04.2007).

La MINURSO rappelle sur son site Internet que « le Sahara occidental est un territoire de la côte Nord-Ouest de l´Afrique, limitrophe du Maroc, de la Mauritanie et de l´Algérie. Il était sous administration espagnole jusqu´en 1976. Le Maroc et la Mauritanie l´ont tous deux revendiqué, revendication à laquelle s´oppose le Front populaire pour la libération de la Saguía-el-Hamra et du Río de Oro, dit Front POLISARIO ».

« Les Nations Unies cherchent un règlement de la question du Sahara occidental depuis que l´Espagne s´est retirée du territoire en 1976 et que, suite à cela, des combats ont éclaté entre le Maroc - qui a décidé de "réintégrer" le Sahara occidental à son territoire - et le Front POLISARIO, soutenu par l´Algérie. La Mauritanie a quant à elle renoncé à toute prétention sur le Sahara occidental en 1979. L´Organisation de l´unité africaine (OUA) est également intervenue en 1979 pour trouver un règlement pacifique au conflit ».

La MINURSO a été créée en 1991 par une résolution 690 (1991) du Conseil de sécurité pour faciliter la mise en oeuvre du fruit de négociations entamées en 1985, qui avaient abouti à des Propositions de règlement, acceptées en principe par le Maroc et le Front POLISARIO le 30 août 1988.