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FAO : la pénurie d'eau croissante nécessite un sursaut, à commencer par de meilleures pratiques agricoles

FAO

23 mars 2007 – En tant que principal consommateur mondial d'eau douce, le secteur de l'agriculture doit être un des premiers à affronter la demande croissante d'eau et ses effets potentiels sur les ressources naturelles de la terre, a souligné hier l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau.

L'agriculture représente environ 70 pour cent de tous les prélèvements d'eau douce des lacs, fleuves et nappes aquifères du monde entier, mais dans plusieurs pays en développement, où se trouvent les trois quarts des terres irriguées de la planète, ce chiffre atteint 95 pour cent.

« Il faut de 1 000 à 2 000 litres d'eau pour produire un kilo de blé et de 13 000 à 15 000 litres pour la même quantité de viande de b?uf. Sans eau, pas de production; et sans production, pas de nourriture », rappelle un communiqué publié aujourd'hui depuis Rome.

La FAO est l'organisme chargé de coordonner, au sein du système des Nations Unies, la Journée mondiale de l'eau 2007. Le thème de cette année, Faire face à la pénurie d'eau, met l'accent sur la nécessité de renforcer la coopération au niveau international et local pour protéger les ressources en eau de la planète.

Aux célébrations de la Journée mondiale de l'eau organisées au siège de la FAO à Rome, le Directeur général, Jacques Diouf, a parlé de la pénurie d'eau comme de « l'enjeu du XXIème siècle ».

L'enjeu réside essentiellement dans la nécessité de trouver des moyens plus efficaces de conserver, d'utiliser et de protéger les ressources en eau de la terre.

La population mondiale devrait atteindre 8,1 milliards d'ici 2030. Pour aller de pair avec la demande croissante de nourriture, il faudra prélever 14 pour cent de plus d'eau douce pour l'agriculture au cours des 30 prochaines années.

« A mesure que l'accroissement démographique et le développement requièrent des quantités accrues d'eau pour les villes, l'agriculture et les industries, la pression exercée sur les ressources hydriques s'intensifie, entraînant des tensions, des conflits parmi les usagers, et une pression excessive sur l'environnement », a affirmé Jacques Diouf.

Le réchauffement de la planète accroît la fréquence des sécheresses. Il intensifie les orages et les inondations qui détruisent les cultures, polluent l'eau douce et endommagent les installations de stockage et de transport de cette eau.

Les petits exploitants, qui constituent la majorité des ruraux pauvres du monde, occupent souvent des terres marginales et dépendent des précipitations pour leur survie, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux caprices du climat.

Pourtant, la FAO soutient qu'il est possible d'améliorer la capacité des pauvres de s'extirper de la pauvreté dans des conditions de plus grande sécurité en eau.

« Moyennant les justes incitations et investissements pour atténuer les risques des petits agriculteurs, l'amélioration de la maîtrise de l'eau dans l'agriculture détient un potentiel considérable d'accroissement de la production vivrière et de réduction de la pauvreté, tout en préservant les écosystèmes ».

Si la majeure partie de l'agriculture dans les pays en développement est pluviale, l'irrigation joue un rôle incontestable dans l'atténuation de la faim et l'amélioration des moyens d'existence.

Les interventions doivent être adaptées aux conditions locales, nationales et régionales. Des projets pilotes et des programmes efficaces dans des pays aussi différents que la Tanzanie, la Bolivie et le Sri Lanka prévoient des petits périmètres d'irrigation ou des systèmes communautaires de récolte des eaux de pluie et la protection des bassins versants qui alimentent les principaux cours d'eau.

De meilleures pratiques agricoles peuvent aussi se traduire par des accroissements sensibles de la productivité dans les grands programmes d'irrigation, relâchant la pression exercée sur les ressources en eau.

Parallèlement, la FAO préconise un soutien accru aux programmes interrégionaux et ceux intéressant les bassins fluviaux, notamment dans les pays partageant les bassins hydrographiques du Nil et du Lac Tchad en Afrique, qui ont subi tous deux les répercussions de la sécheresse et des activités humaines.

« Le potentiel d'une alimentation adéquate et durable en eau de qualité pour tous, dans le présent comme à l'avenir, existe », a assuré Jacques Diouf.

« Mais cela ne doit pas entraîner d'excès d'optimisme. Nous partageons la responsabilité de relever le défi de la crise mondiale de l'eau aujourd'hui et de l'affronter sous tous ses aspects et dans toutes ses dimensions », a-t-il conclu.

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