Le Conseil des droits de l'homme décide de l'envoi d'une nouvelle mission d'enquête au Darfour

13 décembre 2006 – A l'issue d'une session extraordinaire et après l'appel lancé hier par le Secrétaire général, les 47 membres du Conseil des droits de l'homme se sont finalement mis d'accord aujourd'hui sur l'envoi d'une nouvelle mission d'enquête « pour évaluer la situation des droits de l'homme au Darfour ».

Dans une résolution adoptée par consensus, le Conseil a décidé « d'envoyer une mission de haut niveau pour évaluer la situation des droits de l'homme au Darfour et les besoins du Soudan à ce sujet ».

Selon le texte, cette mission comprendra « cinq personnes hautement qualifiées, désignées par le président du Conseil des droits de l'homme après consultation des Etats membres du Conseil, ainsi qu'avec le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme au Soudan ».

Le Conseil a aussi demandé au Secrétaire général de « fournir une aide administrative, technique et logistique afin de permettre à la mission de haut niveau de remplir son mandat de manière rapide et efficace », en coordination avec son président.

Le Conseil a ouvert hier une session extraordinaire sur le Darfour, au cours de laquelle Kofi Annan avait demandé de dépêcher sur le terrain une nouvelle équipe indépendante pour enquêter sur les abus commis récemment dans le domaine des droits de l'homme (dépêche du 12.12.06).

Une première commission d'enquête internationale avait été déployée fin 2004.

Dans un rapport publié début 2005, la commission d'enquête avait accusé le gouvernement soudanais de « crimes contre l'humanité » (dépêche du 01.02.05).

Dans son dernier rapport sur la question, le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a dénoncé au mois d'octobre de nouveaux massacres « à grande échelle » commis par les milices arabes, soutenues par le gouvernement du Soudan, sur les villages du Darfour, peuplés principalement de tribus africaines (dépêche du 09.10.06).

« Au cours des six dernières semaines, plusieurs centaines de civils ont été tués et plus de 80 000 personnes ont été obligées de fuir leurs maisons », avait rappelé hier Louise Arbour, Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, dans un discours prononcé au Conseil.

« Des viols massifs et d'autres violations des droits de l'homme flagrantes se poursuivent. L'impunité qui règne permet et même encourage les auteurs de ces crimes à continuer », avait encore dénoncé.

La session extraordinaire, qui s'est ouverte hier et terminée aujourd'hui, a été convoquée à la demande de l'Union européenne, appuyée par 33 des 47 États membres du Conseil (dépêche du 30.11.06).

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